Co-développement

Une plateforme régionale pour la parité

2ème Rencontre des femmes en politique

Témoignages.re / 11 mars 2011

Les 10 et 11 mars, les femmes politiques de l’océan Indien se retrouvent au Conseil général pour mettre en œuvre une plateforme régionale dont l’objectif est de renforcer la place de la femme dans les sphères de décision.

A l’allure où vont les choses, il faudrait 400 ans pour atteindre la parité. Ce constat, c’est Huguette Bello, Députée-maire de Saint-Paul, qui l’a fait hier dans l’hémicycle du Conseil général. S’y tenait la deuxième Rencontre régionale des femmes en politique de l’océan Indien. Le discours d’Huguette Bello, « femme pionnière » dans la lutte pour l’égalité, dixit la Présidente Nassimah Dindar, a retenu l’attention de tous et s’est terminé par une salve d’applaudissements.
La vérité des chiffres qu’elle a énoncés a de quoi susciter l’indignation : 64 millions de personnes ont basculé dans l’extrême pauvreté avec la crise, 70% sont des femmes ou des petites filles ; une femme enceinte meurt chaque minute, etc. Comment expliquer ce phénomène mondial ? « Ce sont bien les hommes qui décident à la place des femmes pour les femmes », nous vivons dans « l’univers des machos », a affirmé Huguette Bello. Aucun pays n’est épargné. L’histoire des femmes demeure encore aujourd’hui « un long combat pour la liberté, l’égalité, la dignité ».
Il est grand temps de passer à la vitesse supérieure. C’est pourquoi Huguette Bello a proposé l’idée d’un « pacte pour l’égalité ». Il s’agirait non seulement d’inscrire fortement la parité dans la loi, mais aussi de suspendre le financement des partis qui ne la respectent pas. Fort heureusement, cette « sanction contre les partis misogynes » n’est pas d’actualité, les candidats aux Cantonales auraient du souci à se faire. « Il est vrai que beaucoup de femmes sont suppléantes, très peu se présentent en leurs noms propres », souligne Nassimah Dindar. Huguette Bello s’inquiète déjà pour la réforme des collectivités. 80,7% des conseillers territoriaux seraient des hommes.

Objectif 2015

Mais la députée-maire veut croire à la parité : « les Réunionnaises sont plus diplômées que les hommes et elles sont sous-représentées partout. Malgré les obstacles, la femme réunionnaise ne veut pas renoncer ».
Et les femmes de l’océan Indien non plus ne sont pas prêtes à renoncer. C’est bien pour cela qu’elles participent à cette deuxième Rencontre régionale des femmes en politique de l’océan Indien qui s’achève ce soir. Cette rencontre a pour objectif de lancer, sous l’égide de la présidente du Conseil général, la plateforme réunionnaise des femmes en politique. Elle vise aussi à mettre en place une plateforme régionale et à asseoir sa visibilité dans le paysage indiano-océanique en nommant une présidente régionale.
Les premières résolutions issues de l’atelier “Empowerment des femmes politiques dans l’océan Indien” qui a eu lieu à Maurice en 2010 se concrétisent enfin. L’objectif est de les mettre en œuvre d’ici 2015.
Le Conseil général soutient la stratégie “Genre” de la Commission de l’Océan Indien. Quatre axes sont définis : la protection des femmes contre les violences, l’accès à la prise de décision et la parité, le développement durable, et la participation au monde économique.
Les femmes politiques des Comores, de Madagascar, de Maurice, des Seychelles, de La Réunion, soutenues par les Nations Unies et la Banque africaine de Développement, vont valider leur plan d’action aujourd’hui et définir un calendrier d’exécution.

Edith Poulbassia


Nassimah Dindar désignée présidente régionale

Un communiqué commun de la COI et du Conseil général annonce la désignation de Nassimah Dindar en tant que présidente de la plateforme régionale des femmes en politique dans l’océan Indien.

La première journée de la deuxième Rencontre régionale des femmes en politique qui se déroule actuellement au Conseil général s’est achevée sur la nomination de Mme Nassimah Dindar à la tête de la plateforme régionale des femmes en politique dans l’océan Indien (FPOI), plateforme installée sous l’égide de la COI.
Après les échanges de la matinée sur la représentation des femmes en politique dans chacun de leur pays, les délégations des pays membres de la COI se sont attachées hier après-midi à la définition du mode de fonctionnement de leur plateforme régionale.
S’agissant de la présidence de cette plateforme, après avoir discuté de la mission confiée, des résultats attendus et du profil recherché, Mme Sheilabhai Bappoo, Ministre mauricienne de l’Egalité des genres, a proposé la candidature de Mme Nassimah Dindar.
Mme Sitti Kassim, Commissaire générale de l’Union des Comores, a par la suite soutenu cette proposition, en soulignant l’implication dont a fait preuve la présidente du Conseil général depuis l’atelier fondateur de Maurice et son rôle moteur dans cette première concrétisation de la résolution.
Ainsi, après les déclarations convergentes des chefs de délégations malgache et seychelloise, les délégations des pays voisins ont donc unanimement proposé à Mme Dindar d’assurer cette première présidence régionale tournante sur deux ans non renouvelables.
Forte de ce soutien unanime, Nassimah Dindar a accepté avec honneur, émotion et conviction cette responsabilité de présidence régionale de la plateforme des femmes en politique dans l’océan Indien, qu’elle assumera avec l’appui du secrétariat général de la COI.


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