Co-développement

Vers une compagnie maritime régionale de l’océan Indien

Avec la COI, une revendication des progressistes progresse

Témoignages.re / 16 mars 2013

La création d’une compagnie maritime régionale est une revendication portée de longue date par le Parti communiste réunionnais et les progressistes de notre région. Cela part du principe que le désenclavement de nos pays doit être entre nos mains et pas dans celles de compagnies dont le centre d’intérêt est ailleurs. La Commission de l’océan Indien travaille actuellement à la création d’une telle compagnie, sous la dénomination de Système régional de cabotage maritime. Un Comité de suivi de ce projet s’est tenu ce jeudi 14 mars au siège de la COI. Voici le communiqué diffusé à l’issue de cette rencontre, avec des intertitres de “Témoignages”.

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La première réunion du Comité de suivi du projet de création d’une ligne de cabotage maritime dans l’Indianocéanie s’est tenue ce jeudi 14 mars au siège de la Commission de l’océan Indien (COI), à Ebène (Maurice). Cette instance, constituée par la COI à la requête de son Conseil des ministres, a pour mission de définir et de coordonner les étapes de mise en œuvre de ce projet. A terme, une société mixte de transport maritime régional pourrait être créée par divers partenaires publics et privés, pour développer les échanges commerciaux intra-régionaux et désenclaver les économies insulaires de l’Indianocéanie.

Partenariat public-privé

Cette première session de travail, initiée sous l’impulsion de la COI, est déterminante. Il s’agit de donner corps à la volonté des Etats membres de la COI de créer un système régional de cabotage maritime, suite à leur décision prise lors du dernier Conseil des ministres de la COI, le 17 janvier 2013 aux Seychelles. Lors de l’ouverture des travaux du Comité de suivi ce matin (jeudi-NDLR) , le Secrétaire général s’est exprimé en faveur de la création, à terme, d’une société d’économie mixte, dans le cadre d’un partenariat équilibré et pérenne entre les Etats et des investisseurs privés.

Déjà, Maurice et les Seychelles ont indiqué formellement à la COI leur disposition à soutenir activement la mise en œuvre du projet. Les opérateurs régionaux du transport maritime, diverses institutions publiques et privées, des associations professionnelles et sectorielles dont l’Union des Chambres de commerce et d’industrie de l’océan Indien et l’Association des ports de l’océan Indien, ont également témoigné de leur vif intérêt. Autant de signes encourageants que les membres du Comité doivent traduire en action, par la définition d’un plan de travail et leur appui constant au Secrétariat général de la COI pour mobiliser les fonds nécessaires.

L’Union européenne partenaire ?

L’un des sujets à l’ordre du jour porte sur la mise en place d’une étude de faisabilité, qui doit être réalisée au cours des prochains mois, et pour laquelle un soutien financier de l’Union européenne a été demandé. Cette étude devra analyser les conditions de rentabilité économique d’une future compagnie maritime régionale, ainsi que les prérequis sur le plan technique, institutionnel, juridique et infrastructurel. Les résultats et recommandations formulées devraient ainsi permettre aux Etats membres de la COI [1] de prendre les décisions les plus à même de garantir la viabilité du dispositif.

La question du coût de la création d’une ligne régionale de cabotage maritime et de sa rentabilité à moyen et long terme est au cœur de la réflexion engagée. C’est pourquoi, parallèlement à la mise en place de cette « infrastructure flottante », la COI travaille sur le développement de la production agricole à Madagascar. La Grande île bénéficie d’un potentiel considérable, une fois qu’elle aura retrouvé sa stabilité politique et sociale, pour renforcer la sécurité alimentaire dans la région et dynamiser le commerce intra-insulaire.

Dans un souci de représentativité optimale des diverses parties prenantes au projet, le Comité est composé d’une vingtaine de représentants des Etats membres de la COI, du secteur privé, des Chambres de commerce et du Secrétariat général de la COI. Les partenaires au développement (Union européenne, Agence française de développement, Banque africaine de développement, Banque mondiale) devraient également être sollicités pour se joindre aux travaux du Comité de suivi en tant qu’observateurs.

Première journée d’échanges et de consultations

S’adressant à aux membres du Comité de suivi, Raj Mohabeer, chargé de mission à la COI, a souligné que chacun d’entre eux « a la responsabilité d’impliquer directement les acteurs concernés dans le pays qu’il représente ». En effet, « l’adhésion de chacun de nos Etats membres au projet, et plus encore leur implication directe est une précondition. Car seul cet engagement sera capable de rassurer les opérateurs privés », a déclaré Jean-Claude de l’Estrac.

Après cette première réunion, la journée de demain (hier-NDLR) sera consacrée à une série d’échanges et de consultations entre les membres du Comité de suivi, d’une part, et les représentants de plusieurs compagnies privées de transport maritime et autres opérateurs privés, d’autre part. Compte tenu de leur expérience, ces derniers pourront exprimer leurs attentes et recommandations par rapport au projet, de sorte que, in fine , l’ensemble des acteurs potentiellement concernés ait une vision claire et partagée des objectifs et des moyens à mobiliser pour y parvenir.

[1Union des Comores, Madagascar, France/Réunion, Maurice, Seychelles.


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