Edito

1.000 milliards de dollars…

Manuel Marchal / 11 septembre 2009

Dévoilé hier sur le site "COP15-Copenhagen", les principaux traits d’un rapport de China Greentech Initiative, groupe de plus de 80 entreprises de la nouvelle économie, ONG et conseillers politiques, ont recensé un potentiel de 300 technologies vertes pour la Chine, dans les énergies, l’eau, la construction, les transports et l’industrie.
En termes financiers, ces projets représentent un potentiel compris entre 500 et 1.000 milliards de dollars.
Au même moment, une étude de l’Agence internationale US de l’énergie prévoit qu’une hausse des températures moyennes de 2 degrés coûterait, pour les 20 prochaines années, 9.000 milliards de dollars.
Ces chiffres peuvent donner le tournis. Mais ils sont à la mesure des changements qui s’opèrent à l’échelle du monde, à la conjonction de trois transitions : démographique, économique et climatique.
On voit que l’unité de compte est le millier de milliards de dollars. Ces nombres à 12 zéros, c’est une nouveauté introduite par la crise financière mondiale dans l’Histoire mondiale contemporaine. On a vu que pour entreprendre la réforme de l’industrie financière à la suite de la guerre monétaire qu’il a lancée, Washington n’a cessé d’engloutir des milliers de milliards de dollars. Les autres pays ont lancé des plans de relance pour l’économie réelle, et de soutien pour l’industrie financière. Là aussi, les investissements se traduisent par des nombres qui comprennent plus de 9 zéros.
Mais force est de constater que ces sommes peuvent trouver leur pendant dans les investissements qui seront nécessaires pour faire face à l’impact du changement climatique. A-t-on en effet évalué l’impact du déplacement de pays entiers, dont les peuples voient leurs terres rendues inhabitables par la montée du niveau des mers, la sécheresse ou la désertification ?
Et force est de constater que plus le système actuel perdurera, plus cher coûtera le changement inéluctable de modèle, car le temps pour agir sera réduit, et les impacts des changements climatiques plus intenses. Alors qu’investir massivement dans des mesures pour l’atténuation et l’anticipation des changements climatiques, c’est d’une part éviter des dépenses considérables plus tard, et c’est d’autre part reconstruire une société où, par exemple, les techniques de production de l’énergie créent beaucoup plus d’emploi localement. Dans la construction de cette alternative, La Réunion apporte sa contribution. Nous sommes déjà capables de faire rouler des voitures électriques qui ont un carburant composé à 37% d’énergies renouvelables. Rares sont sans doute les pays qui arrivent à cet exploit. Alors, continuons à être les éclaireurs de cet avenir.

M.M.


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