Edito

12 millions

J.B. / 20 août 2011

C’est la pire sécheresse depuis 60 ans dans la Corne de l’Afrique, et ses conséquences sont désastreuses : 12 millions de personnes sont menacées par la faim.
La Corne de l’Afrique, c’est un territoire que survolent tous les jours les avions qui quittent La Réunion pour aller en France, ou qui fond le trajet inverse. À quelques kilomètres en dessous des sièges des passagers des gros porteurs, des tragédies se nouent.

Au moment où certains regardent un film, écoutent de la musique ou prennent un repas ou trouvent le sommeil, des enfants sont en train de mourir de faim sous leurs pieds. C’est là un résumé dramatique des inégalités considérables que le monde connaît actuellement.
En effet, le changement climatique à lui seul n’explique pas la famine. D’autres pays sont frappés par des phénomènes extrêmes. En France, c’était la sécheresse pendant des mois. En Amérique du Nord, le début de l’été était sous le signe de la canicule. Mais malgré ces épisodes imprévus, des millions de personnes n’ont pas été tenaillés par la faim en France ou aux États-Unis.

Leurs préoccupations étaient ailleurs. Beaucoup avaient les yeux fixés sur les indicateurs boursiers et voyaient fondre leur investissement. Ils ont alors été forts soulagés lorsque leurs gouvernants ont annoncé qu’ils allaient investir des euros par centaines de milliards pour ne pas que tout leur édifice financier s’écroule.
Mais pendant ce temps, chaque minute passée était une minute perdue pour les victimes de la famine dans la Corne de l’Afrique, car plus le temps avance, plus nombreux sont les affamés. Et pour eux, pas de Banque centrale pour venir à leur secours, ni de plan de relance…
La Corne de l’Afrique, c’est à notre porte, c’est sur la route de centaines de personnes qui se posent à La Réunion tous les jours sans se douter que durant leur sommeil, elles sont passées à quelques kilomètres de la plus grande crise humanitaire de notre temps.

J.B.



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Messages






  • Le titre de "12 millions" ne fait plus peur.

    Quand il ne bat plus pour personne, où avons-nous, ce qu’on appelle le coeur ?
    Que faisons nous de ce sang, seule énergie à la source de notre vie ?
    Allons-nous attendre, sans rien faire, jusqu’au dernier, qu’il meurt.
    Et qu’après ce râle final, plus de vie, plus aucun cri.
    Fini la vie, fini la mort, fini le rève comme le cauchemar, fini le cri ou le silence, fini l’amour, fini les sens, fini tout début ou serions-nous au début de toutes fins.
    Quand on dit que 10000 personnes meurent de faim par jour, on ne s’émeut plus.
    Quand on dit 12 000 000, cela ne fait que 1200 jours, soit un peu plus de 3 ans, où tous les jours il faudra enterrer 10 000 morts, ça n’émeut pas plus.
    Peut-être qu’il faudrait raisonner autrement et soumettre à l’imagination que tous les jours, aller disparaître à jamais tous les habitants des communes de moins de 10 000 habitants, bien entendu en France, berceau des droits de l’homme.
    Possible que naitraient enfin et pourquoi pas, à La Réunion, si ce n’est en France, Les devoirs de l’être humain dans sa diversité.

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  • Éclatante journée car elle débute par la lecture intéressante.

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  • Ça me paraît très ingénieux je vous adressse du coup un très grand merci.

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