Edito

12 tonnes de déchets voyagent en hélicoptère. Et, vous ?

J.B. / 9 juillet 2016

Personne n’ignore que le PCR expose, depuis plus de 15 ans, son projet pour la création d’emplois durables et massifs. Il s’agit de la création de 2 grands services d’intérêt public dans l’Aide à la Personne et l’Environnement. Il vient encore de l’inscrire dans la note présentée au Conseil d’Etat et au CESE, saisis par le gouvernement sur la loi Egalité Réelle. Une copie a été également remise à Mme Pau-Langevin lors de l’entretien qu’elle a accordé à la délégation du PCR, lundi dernier.

A Paris, il y a épisodiquement une marque de considération pour l’idée. Quand il était au gouvernement, Martin Hirsch avait dit à notre ancienne Sénatrice, Gélita Hoarau, qu’il trouvait cela intéressant et qu’il faudrait l’étudier. Le PCR a donc demandé publiquement d’expertiser la faisabilité du projet. Rien ne s’est passé. Ce manque de perspective généreuse et d’absence d’ambition interrogent. A minima, c’est la démonstration que nous n’avons pas la même analyse de la dégradation de la situation sociale, même lorsque l’INSEE parle d’un Département socialement “hors norme”. Au gouvernement, les ministres ont d’autres priorités que celles avancées par le PCR. Ou alors, ils doivent se dire que les Réunionnais sont sages, ils peuvent attendre.

A La Réunion, c’est dans l’enceinte du Conseil Général que les élus en ont le plus parlé, notamment lors du conflit avec l’ARAST. Les élus sont séduits par l’idée, mais aussitôt celle-ci a été détournée de son objectif global pour déboucher sur un résultat réducteur, technocratique dont le soubassement idéologique est le transfert de l’argent public vers le privé, sans contrepartie. Nous avons connu le concept d’emplois de proximité. Aujourd’hui, l’économie sociale et solidaire est avancée comme alternative aux conséquences du capitalisme débridé. Benoît Hamon, quand il était ministre, a donné une certaine impulsion qui a laissé quelques traces. Le Conseil Régional s’est emparé du concept et compte le faire prospérer dans sa nouvelle compétence de coordonnateur de la politique économique régionale.

Pourquoi une idée aussi simple, d’innovation de politique publique, traine depuis plus de 15 ans ? Parce qu’il y a un manque de culture démocratique et de respect vis à vis des institutions politiques, comme le PCR. A la sortie de la Préfecture, la délégation du PCR a rappelé que c’est la première fois que le PCR est reçu depuis 5 ans à ce niveau ministériel. Chacun est parti de son commentaire. Un journaliste a même perçu un rapprochement du PCR avec le PS ! Mais rien sur le contenu, c’est à dire ce qui intéresse la population en désespérance. Ce défit démocratique saute aux yeux des Réunionnais qui voient la présence de caméras au point presse donné par la délégation à la sortie de la Préfecture, mais pas une seule seconde à la télévision. Cet ostracisme télévisuel est minable. Il vise à isoler le PCR et ses idées, mais n’apportent aucune solution durable et globale.

Il y a urgence, pourtant. Dernière illustration : le communiqué annonçant qu’une opération de collecte de déchet à la Roche Ecrite a permis de ramasser 12 tonnes de détritus, transportés par hélicoptère. Bravo les différents acteurs. C’est ponctuel, spectaculaire et cela frappe déjà les esprits.

Alors cessons de tergiverser ! Donnez acte au PCR de son projet et passons à l’étude de faisabilité.

J.B.


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