Edito

120.000 litres de lait jetés Quel gâchis alors que la moitié de notre population vit sous le seuil de pauvreté

J.B. / 4 juin 2013

Le week-end dernier, en une journée, 120.000 litres de lait ont été jetés. L’instant d’une grève. Et, comme d’habitude, pour soulager la conscience des auteurs de tels gestes, ce sont les grévistes qui sont accusés d’entraver la bonne marche du système. Comme s’il pouvait exister des grèves sans conséquence économique ! La seule manière d’avancer, sans entrave, c’est le respect mutuel des partenaires sociaux ainsi que le dialogue permanent qui prend en compte tous les aléas de l’entreprise, y compris la grève.

L’explication donnée par la SICA Lait pour justifier le rejet de 120.000 litres de lait tient au fait que les stocks sont arrivés à saturation et qu’il était nécessaire de vider les cuves pour recevoir les produits plus frais. Même des éleveurs se plaignent et racontent qu’ils ont dû jeter le lait. Cette situation relève d’un modèle économique reposant sur le concept de “flux tendu”. Il s’agit d’écourter le temps de l’approvisionnement et de l’écoulement parce qu’on estime que les stocks coûtent cher et qu’on gagne plus en le faisant tourner plus vite. Ainsi, aux premiers aléas, le système s’effondre. C’est la preuve qu’il existe encore trop de défaillances dans la bonne marche de l’entreprise.

Récemment, lors du blocage du port par les décisions de la SERMAT, on avait constaté la fragilité du système de manutention qui a fait perdre beaucoup de temps, d’énergie et d’argent aux différents acteurs de l’économie réunionnaise. Tout simplement parce que le dialogue n’existe pas dans l’entreprise. Dans le protocole de fin de grève, le patronat a prévu des audits et différentes rencontres. Exactement ce qu’il fallait faire pour éviter la grève. Ensuite, il est trop facile de vouloir discriminer les grévistes qui défendent leurs intérêts.

Dans le cas de la grève à la CILAM, nous devrions tous condamner les responsables de ce gâchis.

J.B.


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