Edito

2010 : l’année bat’karé

Manuel Marchal / 23 décembre 2010

2010 année du tourisme, c’était une des nombreuses promesses électorales de Didier Robert. L’exception qui confirme la règle, c’est que cette promesse s’est réalisée, mais uniquement pour des conseillers régionaux de sa majorité et leurs amis. 2010 a été l’année bat’karé pour la direction de la Région.

À peine élu, Didier Robert s’est précipité à Montélimar à la tête d’une pléthorique délégation pour participer à la ronde des Régions. Plus de 100.000 euros sont partis en fumée, mais toujours aucune retombée.

Puis l’année bat’karé a connu son point d’orgue en Australie. Minutieusement préparée par le vice-président Sita qui était parti en mission exploratoire durant deux semaines, l’opération bat’karé d’Adelaide a tourné au fiasco.

Le président de la Région a réussi l’exploit d’être à la "une" de la presse australienne, mais pas à son avantage. Cette presse a vigoureusement démenti toute annonce d’un accord-cadre de coopération entre la Région et le gouvernement d’Australie du Sud, pourtant diffusée à La Réunion ! Le démenti est venu du Premier ministre de l’Australie du Sud lui-même, lors d’un discours solennel prononcé à Adelaide.

Autrement dit, cette fois-ci, ce sont plus de 300.000 euros qui ont été dépensés en pure perte. Le Premier ministre de l’Australie du Sud s’est en effet engagé à ne pas venir à La Réunion.

Sur le plan du tourisme, l’année 2010 a tout de même été marquée par le classement de la zone centrale du Parc national au Patrimoine mondial par l’UNESCO. Cette réussite ne doit rien à Didier Robert, bien au contraire, car en tant que farouche opposant à la création du Parc national lorsqu’il était directeur de cabinet d’Alain Bénard à la Mairie de Saint-Paul, il ne cessait de dresser des obstacles à la réalisation de ce projet.

Quant au bilan de l’année du tourisme version Région, il se résume à la rallonge budgétaire de dernière minute accordée à l’Ile de La Réunion Tourisme. S’élevant à 50% du budget annuel de l’association, cette subvention est versée à une structure présidée par une proche de Didier Robert, sa suppléante à l’Assemblée nationale.

Toute cette agitation n’a pas permis d’avancer d’un pouce sur le problème des visas, dont les conditions actuelles de délivrance sont un problème mainte fois soulevé par celles et ceux qui militent pour le développement du tourisme à La Réunion.

Pour masquer la réalité, des moyens considérables sont engloutis dans la communication. Mais cette stratégie n’arrive pas à dissimuler l’insuffisance de ceux qui sont en charge de la politique régionale du tourisme. Tracer de nouveaux sentiers près du Trou de fer, en plein cœur du Parc national ? Encore une idée farfelue, digne d’une équipe de bat’karé.

M.M.


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