Edito

4.000 morts pour une Coupe du Monde ?

J.B. / 20 mars 2014

Dans quelques mois, beaucoup de médias mettront l’accent sur la Coupe du Monde de football, organisée cette année au Brésil. La simple qualification de l’équipe de la France a permis d’avoir un aperçu de ce qui attend les Réunionnais à partir de la fin du mois de juin. Derrière les Jeux Olympiques, la Coupe du Monde de football est en effet l’événement sportif le plus médiatisé vu d’Europe. Mais derrière tout ce spectacle, il existe une réalité peu reluisante.

L’an passé, le Brésil a connu des émeutes pour protester contre le coût de la vie. Les manifestants reprochaient au gouvernement de dépenser trop d’argent pour les travaux de la Coupe du Monde, et de faire payer cela par une augmentation des tarifs des transports notamment.
L’événement médiatique aura donc lieu sur fond de tension sociale. Ce n’est guère étonnant, car malgré les progrès accomplis au cours des dernières années pour sortir des millions de personnes de la grande pauvreté, le Brésil reste un des pays les plus inégalitaires du monde, à l’image de La Réunion.

Dans 8 ans, la Coupe du Monde doit avoir lieu au Qatar. Et l’envers du décor est bien pire encore. Les Jeux Olympiques de Sotchi en Russie avait été l’occasion pour les médias occidentaux de faire des reportages sur le coût financier faramineux de cette manifestation sportive. La logique voudrait donc que commence dès maintenant une campagne mondiale de mobilisation contre le massacre des travailleurs sur les chantiers de la Coupe du Monde au Qatar.

En effet, le Qatar est loin d’être une démocratie. Le mois dernier, le “Guardian”, quotidien britannique de référence, a annoncé que 400 travailleurs népalais sont déjà morts à cause de conditions de travail incroyables : 50 degrés à l’ombre, salaires payés avec des mois de retard, passeports confisqués, interdiction d’aller boire de l’eau sans permission, des logements surpeuplés, la malnutrition et des épidémies font des ravages. 30 Népalais ont pu s’en sortir en se réfugiant dans leur ambassade. Entre 2010 et 2012, 700 Indiens ont perdu la vie sur les chantiers du Qatar. La Confédération internationale des Syndicats estime que si les conditions restent les mêmes, au moins 4.000 travailleurs immigrés mourront sur les chantiers des stades.
A titre de comparaison, 6 personnes sont mortes durant les travaux de la Coupe du Monde au Brésil.

Mais force est de constater que personne n’appelle au boycott de cette Coupe du Monde. Cette impunité est révoltante.

 J.B. 


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