Edito

40 ans de rupture à La Réunion

LB / 7 octobre 2009

Un des événements culturels et politiques de ce mercredi est la sortie à La Réunion et en France du film de Nicolas Hulot, "Le syndrôme du Titanic", qui tire la sonnette d’alarme sur l’extrême gravité de la crise sociale et environnementale qui frappe l’humanité et menace même sa survie. Ce film est un appel à nous unir d’urgence pour inventer et mettre en œuvre un nouveau modèle de développement, qui repose notamment sur la préservation de nos ressources naturelles et sur un partage équitable des richesses.
Comme nous a dit hier une amie Portoise à ce sujet : « sak Hulot i di, Vergès la fé ». En effet, on se souvient comment le secrétaire général du PCR alertait les Réunionnais et les dirigeants politiques parisiens il y a déjà une quarantaine d’années sur les injustices de la politique menée ici comme dans le monde et sur ses effets destructeurs. La question de la survie nécessite en effet de construire une politique en rupture avec le modèle dominant de l’époque. Cette alternative de la rupture, elle est mise en pratique depuis bientôt 40 ans à La Réunion.

Dès que Paul Vergès a été élu maire du Port en 1971, parmi ses toutes premières décisions, il y a eu la création d’une pépinière pour faire de la cité maritime une ville verte, puis l’installation d’une usine de transformation des déchets ménagers en compost, puis la mise en place de réserves foncières communales pour loger les travailleurs au centre-ville et pour créer des emplois sur des zones industrielles. En 1975, son parti a adopté un "Plan immédiat de Survie" pour un développement global et harmonieux de La Réunion, et lorsque Paul Vergès est devenu président du SIVOMR, il a notamment lancé des transports collectifs et des pistes cyclables ; élu sénateur, il a fait voter à l’unanimité la loi faisant de la lutte contre les causes et les effets du réchauffement climatique une priorité nationale avec la création de l’ONERC et, depuis qu’il est président de la Région, il multiplie les actions pour le développement durable (autonomie énergétique, Tram-train, projet de voie vélo régionale tout autour de l’île, co-développement régional, etc…).
Si tous les responsables politiques réunionnais et occidentaux avaient suivi cet exemple depuis des décennies, quelle serait la situation aujourd’hui dans notre île et sur la Terre ? Le gouvernement va-t-il tenir compte dans les jours qui viennent du large soutien des Réunionnais aux mesures proposées par la très grande majorité de nos élus ?

L. B.


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