Edito

72 heures après les élections, Manuel Valls présentera les « réformes » à la BCE

J.B. / 27 mars 2015

Les élections départementales verraient la perte de la présidence d’entre 30 et 40 départements pour le PS. Après les victoires des municipales, des sénatoriales et celle quasi-certaine des départementales, la droite en France aura de puissants leviers. Si les régionales reproduisent le résultat des départementales, alors ce sera la catastrophe pour les socialistes : le Sénat, les Régions, la majorité des Départements et des communes seront autant de points d’appui de l’opposition au gouvernement dans la perspective de la présidentielle de 2017.
À quelques mois de l’élection présidentielle de 2012, le PS détenait la présidence du Sénat, celle de toutes les Régions de France sauf une, de la majorité des Départements et la direction de nombreuses communes. Cette dynamique a sans doute aidé à obtenir l’alternance en 2012. Mais depuis cette date, le pouvoir a perdu toutes les élections.

À la fin de l’année, c’est l’opposition au gouvernement qui peut se trouver dans une position aussi favorable que celle du PS fin 2011. La différence, c’est qu’elle détiendra tous ces leviers pendant plus de deux ans avant la présidentielle, et pas pour seulement quelques mois.
Les revers électoraux des représentants du gouvernement se sont accompagnés d’un rétrécissement de la majorité. Ce sont d’abord les communistes qui ont choisi de voter contre le budget d’austérité, pour ne pas soutenir une politique à l’opposé des promesses de 2012. Ce sont ensuite les écologistes qui ont décidé de quitter le gouvernement. Il ne reste plus aux côtés des socialistes que le Parti des radicaux de gauche, et il doit faire face un interne à un courant de députés « frondeurs » qui manifestent leur désaccord dans l’abstention.
Mais pour 2017, le PS veut encore y croire. Il a lancé une invitation à tous les partis de la majorité présidentielle pour discuter avec eux des divergences et des moyens de les aplanir. Cette démarche se fonde sur une arithmétique décrite par le premier secrétaire du PS : le bloc des gauches arriverait en tête devant l’UMP-UDI et l’extrême droite. Les Verts ont répondu favorablement pour un échange lundi.

Pour essayer de rassembler à nouveau les forces qui ont fait élire un président socialiste, le PS dit qu’il veut lancer la discussion. Mais est-il prêt à changer de politique ? Le résultat d’une rencontre 72 heures après les élections donnera une idée plus précise.
Ces derniers jours, le Premier ministre préparait un déplacement à Francfort en Allemagne. Il doit y rencontrer mercredi les responsables de la Banque centrale européenne. « Ces entretiens visent à présenter les réformes mises en œuvre par le gouvernement français et leur calendrier. Ils visent également à faire le point avec les principales institutions européennes sur les initiatives en cours en matière de croissance et d’emploi, afin de consolider la reprise économique, écarter le risque de déflation, et résorber le chômage de masse », précise un communiqué du Premier ministre. Après la Commission européenne, ce sera la seconde fois en quelques semaines que le chef du gouvernement français sera soumis à un tel traitement. Les « réformes » présentées 72 heures après les élections marqueront-elles un changement de politique ?


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