Edito

A 3 jours du vote au Parlement Européen : les inondations en Bosnie recentrent le débat

J.B. / 22 mai 2014

Nous votons ce dimanche et le risque d’une abstention record se fait jour. Ce désintérêt est influencé par le refus du premier monde d’ouvrir avec les Réunionnais des débats essentiels pour eux. Alors tout se passe comme s’il s’agit d’une élection ordinaire où le mensonge et les promesses s’étalent le long des professions de foi. Or, il s’agit de désigner le Réunionnais qui porte la solidarité agissante auprès des autres peuples de l’Outre Mer disséminés sur l’ensemble de cette circonscription planétaire. Mais pas seulement.

Dans le dépliant distribué par Younous Omarjee, il apparaît aux côtés des Présidents du GIEC, Dr Pachaury, et de l’ONERC, Paul Vergès, montrant ainsi tout l’intérêt qu’il porte à ce sujet sensible du réchauffement climatique et ses conséquences qui touchent tous les peuples du monde. Qui est Dr Pachaury ?

Rajundra Kumar Pachaury est un Indien et un spécialiste de l’Environnement. Il a reçu la plus haute distinction civile indienne pour les résultats de ses travaux, le Padma Bushan, ainsi que la Légion d’Honneur en France. En tant que président du GIEC, il a reçu le prix Nobel de la Paix qui a été attribué également à Al Gore. Quant à Paul Vergès, il n’est plus à présenter, sauf à préciser qu’il est à l’initiative d’une loi votée à l’unanimité au Sénat sur la question du réchauffement climatique et il a doté la France d’un outil de recherche inégalé, l’ONERC, qu’il préside depuis une décennie. Chaque année un rapport est remis au premier ministre pour faire avancer la connaissance et faciliter la prise de décisions politiques. Et ce, quelque soit les changements de gouvernement intervenus.

Les inondations intervenues ces jours-ci en Bosnie et en Serbie sont venues illustrer la fragilité de nos sociétés face à ces phénomènes extrêmes. Celles-ci interviennent après les catastrophes en Allemagne, en France et en Angleterre. La toute puissance militaire et financière de l’Europe et de l’Occident ne pèse pas lourd. A l’heure des comptes, seule la solidarité mesure notre degré d’humanité. Ceux qui ont tout perdu dans ces catastrophes peuvent en témoigner. Hélas, notre tour viendra...

Voilà pourquoi ces élections doivent s’élever au-dessus des petites contingences politiciennes locales, dérisoires, pour permettre à Younous Omarjee d’affirmer aux autres peuples qu’ils peuvent compter sur nous. Comme nous comptons sur eux, à l’heure de notre tour. A 3 jours du vote, nous ne remercierons jamais assez les victimes de ces inondations de nous rappeler à nos responsabilités individuelles et collectives. C’est à ce niveau qu’il faut placer le débat.

J.B.


Kanalreunion.com