Edito

A l’épreuve de la jeunesse : la défaite programmée du pouvoir répressif

J.B. / 19 février 2013

Le 9 novembre dernier, le ministre Victorin Lurel signe les 7 premières embauches sous contrat « emploi d’avenir ». Cela se passe à la Préfecture. Les médias en rendent compte avec force détails, rapportant les propos de l’honorable assemblée. La photo convenue montre le ministre tout sourire au milieu des jeunes tous heureux de recevoir un cadeau des mains du représentant du gouvernement. A la vue de ce cliché, cela semblait si simple pour avoir un emploi !

Mais alors que s’est-il passé pour qu’on se retrouve face à la jeunesse en colère qui réclame une seule chose : un contrat comme les autres ? Pourquoi ce qui semblait si simple, à la télé, s’est tout à coup compliqué au point de conduire tout le monde à une impasse ? La charge des policiers contre des jeunes manifestants est surréaliste : en somme, les jeunes sont poursuivis parce qu’ils réclament un emploi dont on leur a vanté l’existence. Après, la forme de la revendication dépend de la qualité de l’écoute.

D’un côté, les jeunes barrent la route et exigent de rencontrer le maire. Généralement, ce dernier s’exécute et entame un dialogue plutôt franc et sincère. Les jeunes ne comprennent pas qu’il puisse avoir du travail pour les uns, mais pas pour eux. Ils veulent un ti-contrat ! Le maire constate qu’il n’en a pas les moyens. La préfecture a fermé le robinet des emplois aidés.

De l’autre côté, il y a en effet les représentants de l’Etat, le Préfet ou bien les sous-préfets. Ils sont chargés d’assurer la promotion des contrats emplois d’avenir, mais découvrent des réalités objectives qui freinent les embauches. C’est justement un service de l’Etat, la Chambre régionale des Comptes, contrôleur des finances publiques, qui dénonce régulièrement le haut niveau des dépenses de fonctionnement et le personnel pléthorique. Comment les Collectivités vont-elles réaliser de nouvelles embauches alors qu’elles n’ont pas encore régularisé la situation de 14.000 employés territoriaux ? L’Etat peut-il ignorer les recommandations de la Chambre régionale des Comptes ?

Il y a 162.000 chômeurs, dont 23.000 jeunes de moins de 25 ans. Chaque année, plus de 7.000 jeunes arrivent sur le marché de l’emploi. Devant l’ampleur de la demande, l’Etat n’explique pas et lorsque la revendication se fait plus pressante, alors on charge avec des militaires. Dans cette course, l’Etat est non seulement perdant, mais il n’arrivera pas à fournir un emploi d’avenir (ou un autre dispositif) à chaque demandeur. Utiliser les policiers pour étouffer les revendications est un aveu d’échec. Car, le ministre donnait l’impression de la facilité. Mais quand les maires démunis font face aux manifestants, l’Etat se retire et laisse les maires assumer seuls. Ce n’est pas sympa ! A l’épreuve de la jeunesse : la défaite programmée du pouvoir répressif est confirmée.

J.B.


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