Edito

À La Réunion, le gouvernement soutient la NRL plutôt que l’Accord de Paris

J.B. / 26 avril 2016

Vendredi dernier, les représentants de 175 États se sont réunis à New York, au siège des Nations Unies, pour signer l’Accord de Paris. Adopté en décembre dernier au Bourget pendant la COP21 sous présidence française, cet accord engage les signataires à mettre en œuvre des mesures qui limiteront à deux degrés la hausse de la température moyenne par rapport au niveau de l’époque préindustrielle, voici près de 200 ans. Cela signifie une réduction considérable des émissions de gaz à effet de serre, pétrole et charbon. L’objectif à terme est une civilisation qui produira ce dont elle a besoin à partir des énergies renouvelables.

L’autre volet de l’Accord de Paris concerne les mesures d’adaptation. Il engage en particulier les pays les plus anciennement industrialisés à faire preuve de solidarité. Ils doivent en effet contribuer à un fonds d’adaptation au changement climatique qui doit servir à financer les actions mises en œuvre dans les pays en voie de développement pour se protéger des effets du réchauffement planétaire. Cela touche particulièrement les îles, menacées par la hausse du niveau de la mer.

Comme au Bourget lors de la COP21, la signature s’est déroulée sous présidence française. Au cours de la cérémonie, François Hollande a appelé à accélérer l’application de l’Accord de Paris. « Il faut aller plus vite, encore plus vite, car le temps presse », a insisté M. Hollande. « Le monde entier doit prendre conscience de ce qu’il s’est passé à Paris, qui se prolonge à New York et va se passer dans les parlements », a-t-il dit.

Les alertes sont en effet nombreuses et inquiétantes. L’Organisation météorologique mondiale a constaté que le premier trimestre 2016 a été le plus chaud jamais mesuré. C’est un nouveau record qui bat le précédent établit pas plus tard que l’an dernier.

Sur la base de ces résolutions, le gouvernement a lancé hier la Conférence environnementale. Il est question de protection de la biodiversité et de lutte contre le changement climatique.

Mais à La Réunion, le gouvernement se situe totalement à l’opposé des déclarations prononcées à la tribune des Nations Unies. Il a tout d’abord cautionné le basculement des crédits destinés à un train électrique sur un projet de route en mer destinée aux automobiles. Cette décision contribue à augmenter les émissions de gaz à effet de serre. En effet, tous les ans, plus de 20.000 nouveaux véhicules fonctionnant avec un produit dérivé du pétrole sont immatriculés. L’arrêt du chantier du train et le lancement de celui d’une route en mer va maintenir cette tendance.

Le gouvernement a ensuite pris des décisions pour détruire la biodiversité. L’organisme environnemental régional, puis le Conseil national pour la protection de la Nature ont émis un avis défavorable sur le projet de NRL. Ce dernier menace en effet des lieux de vie d’espèces rares, ainsi qu’un banc de corail naissant à La Possession. Le chantier n’aurait donc jamais dû démarrer. Mais le gouvernement est passé outre et a donné les dérogations pour que le chantier de la NRL puisse démarrer au mépris de la protection de la biodiversité.

Entre les discours et les actes, il peut exister des différences. Pour la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité, le gouvernement fait à La Réunion exactement le contraire que ce que la France proclame à New York aux Nations Unies.

J.B.


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