Edito

À la veille de la crise de la canne à sucre, déjà plus de 180.000 demandeurs d’emploi

J.B. / 27 septembre 2016

Pôle emploi a publié hier les chiffres du chômage pour le mois d’août. Plus de 181.000 Réunionnais sont à la recherche d’un travail. C’est une hausse importante par rapport au mois précédent. Malheureusement, cette tendance ne peut que se poursuivre car la même politique continue de s’appliquer à La Réunion.

La crise de l’emploi à La Réunion s’est amplifiée depuis 2010. L’arrêt des grands chantiers pèse lourd. Une étude du CARIF-OREF révèle en effet qu’en 2015, le nombre de travailleurs du BTP au chômage était supérieur à celui en activité. C’est un changement total par rapport au moment où Paul Vergès dirigeait la Région Réunion. La politique de développement mise en place s’appuyait en effet sur un plan de développement des infrastructures. Parallèlement à la route des Tamarins, d’autres grands chantiers routiers existaient dans le Sud avec le contournement de Grand-Bois, le lancement de celui de Saint-Joseph, et de la construction du pont de la rivière Saint-Etienne. La Région finançait aussi la construction de lycées, au rythme de deux livrés par période de trois ans. C’étaient autant de chantiers qui pouvaient être assurés par des entreprises réunionnaises.

Entre 2008 et 2010, c’est le coup d’arrêt. Ce sont d’abord les communes du Tampon, de Saint-Denis et de Saint-Paul, respectivement dirigées alors par Didier Robert, Gilbert Annette et Huguette Bello, qui décident de supprimer les projets de la rocade Sud du Tampon, du Pôle océan et du Zénith intercommunal à Saint-Denis, et de l’hippodrome de Saint-Paul. L’arrivée de Didier Robert à la Région Réunion donne le coup de grâce, avec l’arrêt des chantiers du tram-train et de la nouvelle route du littoral. Les fonds prévus pour ces deux grands chantiers sont affectés à une hypothétique route en mer qui ne pourra pas être réalisée faute de matériaux disponibles. Cette route en mer est d’ailleurs loin de correspondre aux promesses d’emplois, avec moins de 1.000 salariés. De plus, la nature maritime du chantier favorise les compétences extérieures au détriment des travailleurs réunionnais.

Mais une grave crise se profile. C’est la suppression des quotas et du prix garanti pour le sucre réunionnais l’année prochaine. Cela veut dire qu’en 2017, les planteurs et les usines sucrières seront confrontées à la concurrence mondiale. 18.000 emplois sont en jeu. Autrement dit, si les usiniers n’arrivent plus à écouler leur sucre l’an prochain, le nombre de demandeurs d’emploi à La Réunion dépassera la barre des 200.000. Alors notre île s’enfoncera dans une terrible impasse, car le nombre de travailleurs au chômage dépassera celui en activité.

Cette menace montre bien qu’il est urgent de se rassembler pour une autre politique. La cohésion de la société réunionnaise en dépend.

J.B.


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