Edito

À mes camarades communistes perdu (e)s : la leçon cubaine

Ary Yée Chong Tchi Kan / 20 juillet 2015

J’ai fait connaissance de Cuba, pour la première fois, en 1978. Je conduisais la délégation réunionnaise au Festival Mondial de la Jeunesse et des Etudiants. Nous étions 6 garçons et 3 filles. Le voyage aller et retour a duré un mois et demi. Comme toujours, en pareilles circonstances, nous avions ramené beaucoup de souvenirs et de réflexions. Luxe de détail, nous disposions même d’une caméra Super 8, en noir et blanc. En tant que chef de délégation, j’ai eu le privilège de saluer Fidel Castro ; malgré les efforts de préparation pour mieux connaître le pays, j’ai beaucoup appris en lisant son livre “L’histoire m’absoudra” que j’ai acheté à la Havane, prêté et jamais revenu. Le contenu retrace 3 heures de plaidoirie devant les juges qui devaient le condamner pour l’attaque manquée de la Moncada. A la fin, il défie ses juges en ces termes : “Condamnez-moi, cela n’a aucune importance. L’Histoire m’absoudra”. Lui et ses amis seront libérés par une loi d’amnistie, en 1955. Probablement cette période ne fut pas la plus difficile à gérer quand on pense à 60 ans d’embargo US, en plus des conséquences de l’effondrement de l’URSS.

J’ai lu aussi les interventions croisées de Barack Obama et Raul Castro le 17 décembre dernier où le Président des Etats Unis déclarait “Nous sommes séparés par quelques kilomètres, mais une barrière psychologique nous éloignait. Etant donné que nous avons des relations avec la Chine, un pays communiste, et le Vietnam, j’ai souhaité revoir nos relations avec Cuba”. Je serais naïf d’ignorer les intentions stratégiques de l’intéressé, surtout quand il dit : “Nous commençons un nouveau chapitre entre les nations des Amériques.” et termine son discours par “Somos todos américanos” (Nous sommes tous Américains). Le message est très clair : Cuba est un nouveau pion.

Mais, peu importe, l’évènement aujourd’hui, c’est la reprise des relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis. C’est la victoire stratégique de Fidel Castro et de ses amis de la Moncada qui ont écrit l’histoire contemporaine de Cuba… sans jamais céder sur le fond idéologique. Après soixante ans d’embargo, le Président des USA reconnaît que l’objectif de renverser le régime cubain a échoué, “les sanctions ont eu relativement peu d’effet, l’isolement n’a pas fonctionné”. Voilà de quoi méditer pour des communistes qui cèdent aux soubresauts de la lutte à long terme et se réfugient à l’appel de l’instant.



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Messages






  • Modestement, je ferais deux constats : Monsieur Fidel Castro, un grand politique qui a su résisté et resiste toujours à la forteresse capitaliste et impérialiste. Nul n’a pu le déposseder de ses convictions communistes et ce malgré 60 ans d’embargo ! La foi en ses combat a ouvert des portes injustements condamnées .

    En ce qui concerne les "appelés de l’instants" ont-il eu foi vraiment en leur engagement , si oui pourquoi l’abandon ; le cas contraire revèle le mépris des combattants de base et la mort d’un parti, à mon humble avis

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