Edito

À quand un audit de la CRC sur la pertinence et l’efficacité des voyages ministériels ?

J.B. / 23 avril 2015

Mme George Pau-Langevin arrive, ce soir, par un vol en provenance de Mayotte. Dans son programme rendu public, hier, nous apprenons qu’elle signera à Saint Benoit 3 contrats d’emploi d’avenir. Oui, vous avez bien lu : “3 contrats d’emploi d’avenir”. Dans une île où la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté monétaire, où 37% de la population active est à la recherche d’un emploi, où 60% des jeunes sortis du cycle scolaire sont sans travail, à quoi rime ce genre d’opération médiatique ?

Surtout qu’avant elle, son prédécesseur s’était distingué à 2 reprises pour la même opération de promotion. Le 9 novembre 2012, Lurel a fait fort en signant les “7 premiers contrats d’avenir ultra marins”… toujours à Saint Benoît. Cinq mois plus tard, il revient dans l’île et s’offre une nouvelle publicité en signant le 5 avril 2013, 6 nouveaux contrats à Saint Denis qui prévoit 300 embauches.
Au total, 3 voyages ministériels pour signer … 16 contrats précaires. Si cela ne relève pas de la provocation, on a l’impression que les organisateurs de ces visites ministérielles manquent cruellement d’idées créatives.

D’autant que ces opérations promotionnelles du traitement social du chômage arrivent au mauvais moment. La CRC (Chambre Régionale des Comptes) dénonce la flambée du budget de fonctionnement des Collectivités marqué par l’envolée de la part consacrée au personnel dont seulement 70% ne sont pas encore titulaires. Du reste, la Chambre a déjà prévenu les élus locaux que le traitement social du chômage relève de la compétence de l’Etat. La Chambre dénonce l’utilisation abusive des fonds communaux pour financer des opérations non communales. Une façon très honorable pour souligner aux Collectivités qu’elle n’ont pas à se plier aux injonctions de l’Etat car dans la République décentralisée chaque institution est définie par la loi qui fixe ses compétences et les moyens financiers y afférents. Il y a même un préfet qui a pondu un arrêté rappelant que les Communes ne doivent opérer que des embauches titulaires, c’est à dire prévues au budget par délibération.

Puisque les recommandations de la CRC restent sans réponse, peut-être faudrait-il un audit sur l’efficacité et la pertinence des voyages ministériels au regard des dépenses supportées par l’État, ainsi que les maires bénéficiaires ?


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