Edito

À qui le tour ?

Manuel Marchal / 25 novembre 2010

Le gouvernement irlandais vient de présenter une série de mesures drastiques pour réduire la dette publique. Cela répond aux conditions fixées par l’Union européenne et le Fonds monétaire international pour prêter plusieurs dizaines de milliards à ce pays. Les plus démunis seront mis à contribution de manière significative puisque le montant des allocations familiales va diminuer, tout comme les indemnités versées aux travailleurs privés d’emploi. Autre décision : la baisse du salaire minimal.
En moins de quatre ans, l’Irlande est passée de l’excédent budgétaire à un déficit record : 32% du PIB. Au moment de l’accélération de la crise provoquée par le choix du gouvernement américain de laisser couler Lehman Brothers, le gouvernement irlandais a annoncé que l’État allait couvrir les dettes des banques. C’est donc à la totalité du peuple irlandais de payer pendant au moins 4 ans le prix de cette nationalisation des pertes.

L’Irlande est le second pays après la Grèce à demander le soutien de l’Union européenne et du FMI. La contrepartie de cette aide est la mise en œuvre immédiate d’un plan d’ajustement structurel s’apparentant à ce qu’ont subi les pays du Sud qui ont eu recours à des prêts du FMI.
Mais à la différence de la Grèce où le gouvernement a réussi à remporter une victoire électorale quelques semaines après l’annonce de mesures d’une grande austérité, l’Irlande voit l’explosion de la coalition au pouvoir, et l’annonce d’élections législatives anticipées dans les deux mois.

Maintenant, les regards se tournent vers d’autres pays, après la Grèce et l’Irlande, à qui le tour ? Pour La Réunion, les conséquences de cette crise en Europe sont déjà là. Prenant prétexte de l’aggravation de la situation, le gouvernement a accéléré la casse avec en premier lieu la réforme des retraites. Et ce n’est qu’un début car il se prépare un budget d’austérité, où La Réunion sera fortement mise à contribution. Non content d’avoir économisé les investissements prévus pour le tram-train et la nouvelle route du littoral grâce à un membre du bureau politique de l’UMP à la tête de la Région, le gouvernement diminue les crédits du logement social, ainsi que les subventions à l’investissement via la défiscalisation.
Ces décisions interviennent alors que La Réunion est déjà en récession. Autrement dit, c’est déjà le tour de La Réunion, avec des conséquences bien plus dramatiques qu’en Grèce ou en Irlande.

M.M. 


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