Edito

AG de la Sematra : rand anou nout lavion !

J.B. / 20 octobre 2014

Nous avons écrit que l’agitation autour de « la continuité territoriale » est un prétexte pour cacher le dossier de la faillite du Président de la Région à la tête d’Air Austral. Il a saisi opportunément la décision du gouvernement de modifier sa participation dans le financement actuel de l’aide à la baisse du prix du billet. De ce fait, il trompe les médias qui trompent l’opinion. Mais, ce n’est plus pour très longtemps. Et, c’est très logique.

Le problème qui est posé, c’est la baisse du prix des transports aériens par le désenclavement de La Réunion par les Réunionnais, eux-mêmes. L’outil essentiel, c’est Air Austral. Air France l’a bien compris dès l’instant où les autorités françaises ont accordé aux Réunionnais l’autorisation d’assurer la ligne Gillot-Paris. Comme punition, elle s’est retirée du capital d’Air Austral. Pourtant, il y avait largement la place pour la compagnie réunionnaise qui occupait une partie du marché laissé ouvert par la disparition d’une autre compagnie.

Que les médias se rappellent des propos incendiaires tenus par certains dirigeants d’Air France, une compagnie de 500 avions qui voulait tuer dans l’oeuf la petite compagnie de 2 Boeing. Quand Air Austral s’est positionnée pour desservir Plaisance-Paris, c’est Air France qui s’est imposée chez notre voisine. Elle assure maintenant parfois jusqu’à 8 vols par semaine, tout autant que les vols de la compagnie nationale mauricienne. Et, récemment, c’est en partenariat avec Air Mauritius qu’elle organise le siphonnage de la clientèle réunionnaise depuis Saint-Denis. Les militants anticolonialistes connaissent bien ces aléas de l’exclusive coloniale.

Pour dépasser ce rapport colonial, il faut toujours rechercher l’excellence à travers l’innovation. Une solution économique et technologique a été trouvée : la densification de l’A380 au besoin de La Réunion permettait d’obtenir des billets à 300 euros aller et 300 euros retour, soit 600 euros. Les dirigeants d’Airbus avaient conclu à la faisabilité. Le projet a été présenté à la Région Réunion. Les 2 premiers appareils étaient réservés aux couleurs réunionnaises. Ce qui mettait La Réunion au top mondial.

C’est cette vision de la responsabilité réunionnaise et ce projet innovant qui ont été combattus par Didier Robert. Comme pour l’autonomie énergétique par le développement des énergies renouvelables (dont la géothermie) et le transport durable (dont le Tram-train), il casse tout. Il n’a qu’une piètre idée de l’autonomie de pensée réunionnaise. Maintenant qu’il a accepté les conditions d’Air France, on apprend que celle-ci va monter une compagnie low-cost, en plus de Transavia. Pour quel dessein ? Le pire dans toute cette histoire, c’est si nos 2 Airbus reconfigurés finissent dans les bras de notre concurrent, en vente sèche ou en partenariat.

Les Réunionnais remercieront alors Didier Robert d’avoir tué l’excellence réunionnaise et d’avoir trahi les générations futures. L’Assemblée générale de la Sematra qui se tient aujourd’hui pourrait annoncer la fin du grand projet de désenclaver La Réunion par nos propres moyens, et souligner par là-même le détournement médiatique de l’opinion des vrais problèmes.


Kanalreunion.com