Edito

Agriculture : quel Réunionnais défendra La Réunion aujourd’hui à Antananarivo ?

J.B. / 12 janvier 2016

Aujourd’hui, une importante réunion se tient sous l’égide de la Commission de l’océan Indien à Antananarivo, capitale de Madagascar. Les représentants des ministres de l’Agriculture de la COI doivent présenter un programme d’autosuffisance alimentaire pour la région, aux côtés du partenaire : l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO). L’Union européenne est également associée à la démarche. Le Fonds européen de développement (FED) est sollicité pour le financement. Dans ses grandes lignes, ce plan régional de sécurité alimentaire vise à faire de Madagascar le « grenier » de l’océan Indien.

Cette nouvelle a été rendue publique le 8 janvier dernier à La Réunion, soit trois jours avant la rencontre, par un communiqué de la COI. Notre île fait partie de la COI, une organisation. L’origine de la COI se trouve dans la conférence des partis progressistes de l’océan Indien. Le Parti communiste réunionnais représentait La Réunion. Son premier mot d’ordre était de faire de l’océan Indien une Zone de paix. La conférence des partis progressistes de l’océan Indien réfléchissait aussi à la construction d’une organisation régionale. Les membres fondateurs furent Madagascar, Maurice et les Seychelles. La Réunion et les Comores ont été admises dans un second temps.

Cette adhésion suppose que les élus réunionnais s’impliquent dans les débats. Malheureusement, lors du Sommet de la COI de Moroni en 2014, le président de la Région n’était pas là, et La Réunion ne figurait même pas dans la déclaration finale.

Maintenant, les Réunionnais apprennent l’existence d’un plan régional de sécurité alimentaire trois jours seulement avant sa présentation officielle. Le mois dernier, une campagne électorale avait lieu dans notre île pour élire les conseillers régionaux, personne n’a parlé de ce plan alors que la Région Réunion a des compétences dans les relations avec nos voisins. Même silence du côté du Conseil départemental, collectivité qui a la responsabilité de l’agriculture.

Ce silence signifie-t-il que les représentants des Réunionnais sont d’accord pour que Madagascar devienne le fournisseur de produit alimentaire de La Réunion et refusent de le dire publiquement, ou alors que ces mêmes représentants n’ont pas participé aux discussions ? En effet, un débat s’engage sur la place de La Réunion dans son environnement. Notre île sera-t-elle un marché lucratif pour les producteurs voisins au détriment des agriculteurs réunionnais, ou alors des complémentarités profitables à tous seront-elles recherchées ?

La responsabilité qui pèse sur les élus réunionnais est donc très lourde et en premier lieu sur la Région. La nouvelle vice-présidente déléguée à la Coopération sera-t-elle aujourd’hui à Antananarivo ? Qui défendra les intérêts des agriculteurs réunionnais ?


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