Edito

Air Austral : nous ne sommes qu’au début...

J.B. / 3 mars 2015

Didier Robert forcé à démissionner de la présidence d’Air Austral, ce sera chose faite le 10 mars à l’occasion de la prochaine assemblée extraordinaire de la compagnie, amenée à se prononcer sur la fusion du conseil de surveillance et du directoire en conseil d’administration. La SEMATRA présidée par Didier Robert détient 98 % des actions, avait rappelé le président de Région lors de la conférence de presse tenue le 24 février dernier. Ce rapport de force ne laisse aucune place au suspens. Le changement de gouvernance sera acté. Tous les médias ont titré sur un départ sous la pression. La séance plénière de la Région sur le rapport de la Chambre régional des comptes évoquant le problème du cumul des présidences n’aura lieu que le 10 avril. Pourquoi donc tout précipiter ? C’est énorme, et la vérité commence à peine à éclater.

Le 24 février dernier, Didier Robert avait annoncé que lui-même, président de la SEMATRA, ne fera pas partie du prochain Conseil d’administration. Cela vaudra aussi pour la présidente du Conseil général et pour le second vice-président de la Région. Pour la première depuis sa création, Air Austral n’aura aucun représentant du peuple dans sa direction stratégique. Cet incroyable événement nous ramène à peine trois mois en arrière, quand Didier Robert avait organisé une manifestation contre le gouvernement pour demander le statu quo dans la dotation dite de continuité territoriale. Rappelons que Paris a voulu mettre un terme aux dérives observées dans ce dispositif géré par la Région Réunion. Le gouvernement a donc décidé de recentrer son effort sur les personnes qui ont vraiment besoin de toucher une aide pour voyager. Didier Robert avait donc saisi l’occasion pour monter au créneau.
À quelques jours de la manifestation qui devait soi-disant réunir 10000 personnes devant la préfecture et qui a fait un flop, voici ce qu’écrivait « Témoignages » :

« Il est clair que Didier Robert a besoin en ce moment d’une démonstration de force, mais comme toujours, la raison principale est dans le non-dit. La continuité territoriale est un prétexte inespéré. (…) Le sujet doit être plus grave, tellement grave qu’il lui faut provoquer un pare-feu médiatique d’une très grande puissance. La décision a été prise dès son retour d’Europe où il a participé au forum des RUP, accompagnée d’une forte délégation réunionnaise. Il n’y a pas eu de compte rendu de ce déplacement. Par contre, à peine débarqué, il réunit des Maires de droite, griffonne une plate-forme en quelques heures, et présente à l’opinion la base de la forteresse sensée le protéger de la tornade qui l’attend. La manif de la Préfecture est convoquée à partir de cette base, tentant grossièrement de faire croire à un affrontement de la droite contre la gauche.

Le seul dossier capable de provoquer une telle panique, c’est celui qui peut toucher à son ego. C’est l’avenir catastrophique d’Air Austral. La date de la manif devant la Préfecture été choisie pour détourner l’attention des médias sur ce qui se trame en coulisse, à la même période. Pour peu que les médias fassent réellement leur travail d’information, vous saurez tout sur la vraie raison : la continuité territoriale n’a rien à voir dans la faillite qui s’annonce. »

Il n’a fallu patienter que trois mois pour que l’analyse de Témoignages se vérifie. Le 24 février, Didier Robert a annoncé sa démission de la présidence d’Air Austral. Tout cela n’est qu’un début…


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