Edito

Air Austral : où sont les effets de la baisse des prix du pétrole ?

J.B. / 1er février 2016

Air Austral navigue dans un contexte financier extrêmement favorable pour les compagnies aériennes. C’est que qu’indique en particulier le bilan des profits de la compagnie American Airlines. Air Journal annonce que « les bénéfices d’American Airlines se sont envolés en 2015 avec 7,61 milliards de dollars, alors qu’ils n’étaient que de 2,88 milliards de dollars en 2014 ».

La raison de ce bond est très simple : « les bénéfices ont surtout été tirés par le kérosène bon marché. En effet, American Airlines, qui n’effectue pas de couverture carburant, a pleinement profité de la dégringolade du prix du baril de pétrole. Elle a ainsi économisé 4,4 milliards de dollars sur le poste carburant en 2015 par rapport à 2014. Et elle espère économiser deux autres milliards en 2016. Le poste carburant devient désormais son second poste derrière les salaires ».

La baisse du prix du kérosène est liée à celui du pétrole. Elle ne date pas d’hier. Elle donne au paysage des compagnies aériennes un visage totalement différent qu’en 2011. À cette époque, le prix du baril de pétrole était bien au-dessus de 100 dollars. Pour faire face, nombreuses étaient les compagnies à licencier des travailleurs. À La Réunion, la direction d’Air Austral avait réussi à préserver les emplois. Mais la hausse du prix du pétrole avait un impact sur la situation financière, transformant les bénéfices en déficit.

C’est ce prétexte qu’avaient saisi les adversaires du projet d’Airbus A380 pour faire chuter la direction d’Air Austral, et la remplacer par une autre qui allait mettre de côté l’avion qui devait faire baisser les prix de 30 % pour tout le monde toute l’année.

Les chiffres publiés par American Airlines montrent qu’arriver à dégager aujourd’hui un résultat positif est tout sauf un exploit. Certes Air Austral n’est pas American Airlines, mais ses 8,76 millions de bénéfices pour 2014-2015 sont mille fois moins importants que ceux de la compagnie américaine, sans que l’on puisse dire que American Airlines soit 1.000 fois plus grande qu’Air Austral. C’est une situation qui interpelle, car quand le baril de pétrole repartira à la hausse, quelle sera la situation d’Air Austral ?

Lors de la campagne contre l’ancienne direction d’Air Austral, La Réunion s’était découvert de nombreux experts des questions de l’aérien. Bizarre qu’aucun d’entre eux ne s’intéresse à cette question.

J.B.


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