Edito

« Ala koman nout zénèss i lèv ! »

LB / 29 octobre 2009

C’est un des phénomènes marquants de ces derniers mois à La Réunion : de plus en plus de jeunes Réunionnais s’engagent dans des actions et dans des luttes revendicatives et politiques. En se regroupant dans des mouvements sociaux, des associations culturelles et des organisations politiques, ces jeunes veulent faire entendre leurs aspirations pour sortir leur île de l’impasse où la conduisent ceux qui détiennent l’essentiel des pouvoirs dans le pays.
Parmi ces regroupements, on peut citer par exemple celui des assistants d’éducation et autres professeurs des écoles mobilisés pour leur droit à l’emploi, celui des étudiants de l’UNEF, l’Alliance des Jeunes pour la Formation et l’Emploi à La Réunion (AJFER) ou l’Association pour le 19 Mars. On pense aussi à cette nouvelle génération d’artistes et de militants socio-éducatifs qui s’investissent dans les cultures urbaines, les "rakontaz zistoir kréol", des créations artistiques innovantes et des collectifs d’associations culturelles comme Kiltir Partou.

Lors des puissants mouvements sociaux du début de l’année, comme ceux animés par le Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de La Réunion (COSPAR), les jeunes étaient présents et actifs. Mais leurs revendications ont été peu entendues.
De même, lorsqu’ils ont apporté leurs propositions aux États généraux de l’Outre-mer, elles n’ont pas trop été retenues par les responsables de la synthèse finale. Cela renforce la détermination de la jeunesse réunionnaise à poursuivre son combat, comme le montre l’AJFER, qui a d’ores et déjà annoncé un grand rassemblement des jeunes Réunionnais le dimanche 6 décembre prochain à Saint-Denis.

Évidemment, ce mouvement doit être soutenu par toutes les forces vives du pays afin que le niveau de conscience politique de la jeunesse continue encore et toujours de s’élever. Car il n’y a rien à sacraliser et l’essentiel est de créer un rapport de forces ouvrant la voie à l’émancipation du peuple réunionnais.
Comme le disait Firose Gador lundi dernier à l’assemblée de la Section communiste du Port, un groupe de jeunes s’est constitué dans la cité maritime pour se former à la lutte politique et pour se préparer à prendre en mains les affaires du pays avec tous leurs compatriotes solidaires. Et d’ajouter : « Ala koman nout zénèss i lèv ! ».

L. B.


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