Edito

Alerte à la sécheresse

J.B. / 18 janvier 2017

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Ni cyclone, ni tempête à l’horizon, des précipitations inférieures à la normale, pour Météo France tout porte à croire que nous allons droit vers une sécheresse majeure. L’explication donnée est liée à une perturbation du climat. Météo France précise que nous vivons depuis fin 2016 dans un régime de haute pression qui maintient un temps sec au-dessus des Mascareignes, or, les cyclones se nourrissent de basses pressions.

Cette information conforte l’alerte lancée à Salazie. Vivants dans une des régions les plus arrosées de La Réunion traditionnellement, les habitants du cirque sont soumis à des restrictions dans l’usage de l’eau. Le manque de pluie ce début d’année ouvre donc la voie à une pénurie généralisée de cette ressource indispensable à la vie.

Pendant que l’accès à l’eau est plus difficile, la population continue d’augmenter. Cela signifie donc une plus forte pression sur les ressources. L’exemple de Mayotte montre ce qui peut arriver dans un département français de l’océan Indien soumis à ce régime. Dans le Sud de l’île aux Parfums, l’eau au robinet n’était disponible qu’un jour sur trois. Cela a amené les autorités à reporter la rentrée scolaire.

Cette alerte souligne encore une fois la pertinence de la réflexion lancée depuis des années par le Parti communiste réunionnais sur l’usage de l’eau, et sa réutilisation. Elle rappelle que le chantier du basculement de l’eau va montrer ses limites. Car c’est précisément dans l’Est que la ressource manque, alors que ce projet misait sur la situation excédentaire de cette région pour alimenter l’Ouest.

De quoi remettre au premier plan plusieurs propositions du PCR : construction d’un réseau de retenues collinaires pour capter la précieuse ressource, interconnexion des réseaux existants, et recyclage de l’eau qui ne sert aujourd’hui qu’une fois après de coûteux traitements de potabilisation.

Le monde change, le climat aussi. L’alerte est sérieuse, elle appelle à écouter les propositions faites en faveur du développement durable. Car pour que La Réunion puisse s’adapter au changement climatique, le chantier doit commencer sans attendre.