Edito

Alerte au Moyen-Orient, quelles répercussions pour La Réunion ?

J.B. / 18 février 2016

La Turquie vient de nouveau d’être frappée par un attentat meurtrier. Hier à Ankara, la capitale, l’explosion d’une voiture piégée a fait au moins 18 morts. Cette attaque terroriste intervient alors que la tension dans cette région augmente. Dans le conflit syrien, la Turquie s’oppose à la Russie qui lutte aux côtés du gouvernement syrien contre le Groupe Etat islamique. La tension est montée d’un cran depuis que l’armée turque a abattu un bombardier russe au-dessus de la Syrie, en l’accusant d’avoir précédemment violé l’espace aérien turc. Cela a entraîné la mort des pilotes, tombé dans une zone tenue par Daech.

Le pouvoir turc fait de la lutte contre les Kurdes sa principale priorité, avant la lutte contre Daech. Depuis plusieurs jours, la Turquie a décidé de bombarder en Syrie des Kurdes qui combattent les terroristes de l’État islamique. Or, ce dernier a décidé pourtant de frapper violemment la Turquie. Pas plus tard que le mois dernier, une attaque suicide avait fait 11 morts à Istanbul, tous étaient des touristes. Au mois d’octobre, 103 personnes avaient perdu la vie devant la gare d’Ankara. À chaque fois, l’enquête avait conclu sur la responsabilité du groupe Etat islamique.

Depuis le début de la guerre en Syrie, les Kurdes ont lourdement payé le prix de leur engagement contre Daech. Leur résistance a permis de reconquérir du terrain cédé aux terroristes. Dans le même temps, l’armée syrienne reprend elle aussi des bastions perdus. Ces faits affaiblissent la position de ceux qui, comme le gouvernement turc, veulent exclure le gouvernement syrien des discussions sur l’avenir de la Syrie.

Dans cette zone de guerre, la Turquie est le seul pays de l’OTAN. L’Organisation militaire sous commandement américain a elle aussi montrée que son adversaire principal dans cette région du monde n’est pas Daech, mais la Russie. Pendant que le budget consacré à la lutte contre le groupe Etat islamique augmente de 50 % cette année, celui alloué à l’aide militaire aux pays européens alliés des États-Unis est multiplié par 4. La justification est de juguler l’influence de la Russie. Or, à la différence de la Guerre froide où plusieurs centaines de kilomètres séparaient le territoire soviétique des États membres de l’OTAN, la Russie est directement en contact avec des pays qui accueillent des troupes américaines sur leur sol.

Cette tension n’est pas prête de retomber. Le Premier ministre russe l’a qualifiée de nouvelle Guerre froide. En tant que membre de l’OTAN, la France est partie prenante dans ses opérations. Comment se traduiront-elles en termes budgétaires ? Quels seront les arbitrages ? Ce ne sera pas sans répercussion sur La Réunion.


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