Edito

Apparemment, le Président de la République arrive chez nous, demain aux petites heures

J.B. / 24 juillet 2014

Ne soyez pas étonnés si j’écris « apparemment » car les tensions actuelles, en France et dans le monde, n’incitent guère à un déplacement aussi éloigné et une absence de plusieurs jours. Cela n’a rien à voir avec les qualités civiques des citoyens de La Réunion qui attendent cette visite avec impatience ! Jusqu’à maintenant, avec une douzaine de visites ministérielles, nous n’avons pas manqué... « d’affection (sic) », à défaut de solutions aux problèmes d’emploi, de logement, de prix, de gouvernance etc.

Je dis « apparemment » car le ministre de l’Agriculture, Le Fol, a déjà déclaré forfait alors que le dossier de la canne, et plus largement l’agriculture, le concernait au plus au point. Il semble qu’il a eu un coup de « chaud ». Dommage car c’est lui qui a tranché pour la fin des quotas en 2017 alors que le Parlement Européen avait souhaité 2020. Il aurait été très intéressant de lui rappeler que son collègue Jean Claude Fruteau considère comme une victoire le fait d’avoir repoussé l’échéance de 2 ans car le Conseil Européen avait voulu 2015. Alors pourquoi a-t-il trahi les planteurs de cannes ? L’alerte lancée par le PCR a déjà fait réagir Fruteau et Téréos, question de déminer le dossier.

Je dis « apparemment », car le Président de la République a besoin de se rattraper après sa mauvaise prestation au regard de l’agression d’Israël envers les Palestiniens. Son communiqué de soutien à Nethanyaou est mal passé aux yeux de l’opinion. Les choses peuvent dégénérer à n’importe moment et surtout à Paris. Les premières condamnations sévères de jeunes Parisiens qui ont pris part à la manif de soutien aux Palestiniens, passent très mal et expriment la réaction d’une gouvernance aux abois qui frappe fort pour servir de leçon.

On peut aussi supputer, comme le font les « grands journalistes », que Hollande n’a pas envie de laisser Valls apparaître comme le vrai chef de l’exécutif, qui distille dans l’opinion l’idée qu’il pourrait bien se passer de lui. Il doute bien que ce n’est pas le moment de dire « je lui fais confiance » et lui laisser la clef de la maison France.

Enfin, comment va-t-il rendre compte de ses engagements vis à vis de tous ceux qui se rappellent du slogan de campagne électorale : « le changement c’est maintenant. » Il paraît qu’il manie l’humour. Dans ce cas, mieux vaut dire aux Réunionnais que c’était pour le Fun !

J.B.


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