Edito

Après Charlottesville, les États-Unis changent de regard face à leur histoire

J.B. / 18 août 2017

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Ce week-end aux États-Unis, un partisan de l’extrême droite a utilisé sa voiture comme une arme meurtrière contre des militants des droits humains. Donald Trump a tenté renvoyer dos à dos les racistes et les défenseurs de la démocratie. Le président des États-Unis cherchait à couvrir l’extrême droite qui a contribué à son élection. Cela n’a fait qu’amplifier l’indignation.

Ce sentiment touche des symboles importants. En effet, dans plusieurs communes, des projets visant à abattre des statues du général Lee sont évoqués. Le général Lee était le chef des armées des États confédérés d’Amérique, qui avaient fait sécession des États-Unis parce qu’ils refusaient l’abolition de l’esclavage. À New York, une plaque d’hommage au Maréchal Pétain sera déboulonnée. Cet objet marquait la visite de ce dernier en 1931, alors qu’il était considéré comme le vainqueur de la bataille de Verdun et pas encore comme le chef de l’État français qui collaborait avec les nazis.

Au Congrès, la présidente des représentants du Parti démocrate a demandé le retrait de toutes les statues représentant des responsables des Confédérés dans le siège du Parlement des États-Unis. « On ne peut pas célébrer l’intolérance violente des hommes de la Confédération dans les couloirs vénérables du Capitole », a-t-elle dit. Un élu républicain, Tom Rooney, est du même avis : « Nous ne devrions pas honorer la cause que ces hommes défendaient ».

La Confédération était née du refus de faire cesser ce qui est aujourd’hui considéré comme un crime contre l’humanité, l’esclavage. Les statues saluant les personnages de cet État éphémère sont donc vues comme un hommage à un passé raciste. Et au plus haut niveau de l’État, des voix se font entendre pour les abattre.

La Réunion est également constellée d’hommage à des auteurs de crimes contre l’humanité. Ainsi des rues saluent Colbert, l’auteur du Code Noir. Devant la préfecture se dresse la statue de Labourdonnais, un gouverneur esclavagiste. Si le crime perpétué par l’extrême droite à Charlottesville a permis d’accélérer une prise de conscience aux États-Unis, les réactions qui en découlent permettent de mesurer le chemin qui reste à parcourir pour que pareil phénomène se déroule à La Réunion, alors que l’esclavage a été le régime imposé à notre île pendant plus de la moitié de son histoire.

J.B.



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  • A la gloire de Colbert, et pas seulement à La Réunion, mais partout en France : des places , des avenues,des boulevards, des carrefours, des lycées...Pas demain la veille qu’au pays des "droits de l’homme" on entreprenne de débaptiser tout ce qui porte son nom .
    Et saluons au passage la tendance actuelle chez les historiens bien en cour de chanter les " beaux aspects " du Code Noir, ce texte qui, comme on l’écrit désormais, instaure une "médiation positive" entre le roi et le maître d’une part... et l’esclave d’autre part.
    Veinard, l’esclave !!!

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