Edito

Après le record de chaleur de juillet, la canicule du mois d’août

J.B. / 24 août 2016

Le mois de juillet 2016 a été le plus chaud jamais mesuré. Celui d’août suit la tendance avec des répercussions concrètes. La France est touchée. Plusieurs départs de feu ont été signalés dans le département de Loire-Atlantique. La sécheresse favorise ce genre de catastrophe. Une autre manifestation concrète de cette vague de chaleur est le déclenchement de l’alerte canicule dans 14 départements du Nord de la France. Selon Météo France, cet épisode devrait durer jusqu’à jeudi. En 2003, une canicule avait entraîné la mort de 15.000 personnes.

Avec le réchauffement climatique, les vagues de chaleur devraient être plus fréquentes. Cela n’arrangera pas la situation des agriculteurs en France. Déjà touché au mois de mai par des fortes pluies inhabituelles, le Bassin parisien connaît donc la canicule. Cela va concourir à confirmer les prévisions pessimistes d’Agreste. Le département des statistiques du ministère de l’Agriculture avait en effet annoncé une baisse de 30 % de la production de céréales dans les régions françaises habituellement les plus productives. Cette chute des rendements intervient alors qu’ailleurs dans le monde, la tendance est à la surproduction. Cela poussera les prix à la baisse. En conséquence, le gouvernement a déclenché un plan d’aide exceptionnel. Mais les phénomènes climatiques extrêmes à l’origine de cette crise risquent bien de se répéter plus souvent. Ce qui provoquera à chaque fois une situation analogue à celle de cette année.

La France commence donc à subir d’importantes perturbations à cause du déréglement climatique et ce n’est qu’un début. Les raisons de cette crise environnementale se situent en effet dans le mode d’exploitation capitaliste qui domine le monde. Il pousse à la consommation d’énergies fossiles pour réaliser des profits, quitte à polluer l’atmosphère. On aurait donc tort de croire que La Réunion sera miraculeusement préservée des effets du changement climatique. Pour notre île, les conséquences les plus visibles sont le blanchiment des coraux et la hausse du niveau de la mer. Cela va fragiliser le littoral qui deviendra la zone de tous les dangers. Cette réelle menace n’est pas prise en compte, en témoignent les projets de route en mer, de ville nouvelle de Cambaie et de port à Bois-Rouge. L’essentiel ne doit-il pas plutôt être fait pour s’adapter à des phénomènes inéluctables tels que la relocalisation des équipements vers l’intérieur des terres ?

J.B.


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