Edito

Après les "îles vanille", "La Réunion des cocotiers"

Manuel Marchal / 30 décembre 2010

C’est ce mois-ci que l’UICN a tiré la sonnette d’alarme : 30% de la flore réunionnaise est en danger. Si rien n’est fait, c’est un coup porté contre la richesse de la biodiversité réunionnaise qui se prépare. C’est précisément cette richesse qui a permis à notre île d’être classée au Patrimoine mondial par l’UNESCO avec le succès de la candidature de la zone centrale du Parc national sous le titre “Pitons, cirques et remparts”.

Manifestement, il ne faut pas compter sur la Région pour agir contre cette menace. Lors de la présentation de sa stratégie en matière de tourisme, la collectivité a annoncé un projet qui consiste à planter des cocotiers sur les plages. L’objectif est de faire correspondre l’image de La Réunion à la vision que les touristes venus d’Europe se font d’une île tropicale.
Après le créole "KK" de la présidente de l’Île de La Réunion Tourisme aujourd’hui députée, après les Kaf du Chaudron et du Port qui ne sont pas sympathiques, selon une étude publiée sur le site de l’IRT, voici une nouvelle tentative d’enlever à La Réunion ce qui fait d’elle La Réunion.

Or, à en croire les déclarations du président de la Région au cours de l’année 2010, autoproclamée "Année du tourisme", la stratégie est de miser sur la complémentarité entre quelques îles de notre région, surtout Maurice et La Réunion. La complémentarité, c’est considérer qu’à Maurice, les touristes trouveront les plages de leurs rêves avec sable blanc et cocotiers, et auront accès à La Réunion à une nature préservée, labellisée "Patrimoine mondial".
Mais la semaine dernière, la Région a annoncé son intention d’inventer "La Réunion des cocotiers". Où est donc la complémentarité avec Maurice ?

Tout cela démontre que les "îles vanille", ce n’est qu’une opération de com’ pour la Région. Mais le plus grave est de vouloir démolir le paysage et la biodiversité pour que notre île corresponde à l’imaginaire d’un touriste européen. Et tout cela bien sûr sans aucune concertation, car les plages n’appartiennent pas à la Région. Cela met en évidence un autre volet de la nouvelle Direction de la Région : mettre les autres collectivités sous tutelle.

M.M. 


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