Edito

Après les retraités, à qui le tour ?

J.B. / 3 juillet 2014

Après le vote du budget rectificatif, les députés ont commencé à débattre du nouveau budget de la Sécurité sociale. Le Pacte de responsabilité a des répercussions sur la protection sociale. D’une part, les entreprises vont voir leurs cotisations baisser, et d’autre part des dépenses vont diminuer. Les retraités sont dans le viseur car pour la moitié d’entre eux, ce sera le gel de leur pension.

Plusieurs députés, dont des socialistes, ont soutenu un amendement contre ce gel. Mais il a été repoussé par 76 voix contre 53. C’est du côté des socialistes "frondeurs" que sont venues les critiques les plus virulentes. Ces derniers ont voté le budget, mais pour la Sécurité sociale leur soutien est loin d’être acquis. Pour un des chefs de file, Christian Paul, si le gouvernement maintient le gel d’une partie des pensions, une ligne rouge sera franchie. D’autres sont indignés que les retraités soient mis à contribution pour équilibrer un budget. D’autres condamnent le fait que cela soit un gouvernement « dit de gauche » qui veut faire voter de telles mesures.

Ce n’est pas la première fois qu’en Europe un gouvernement met les retraités à contribution. C’est par eux que la Grèce a commencé son plan d’austérité. Puis ce pays a choisi de s’en prendre aux fonctionnaires avant de se tourner vers les travailleurs du privé. Tout le monde a été visé par des mesures qui ont conduit à une perte de pouvoir d’achat.

L’alerte est sérieuse, car les restrictions imposées à une partie des retraités s’additionnent au maintien du gel du point d’indice des fonctionnaires. Hors avancement, promotion ou mutation outre-mer, un fonctionnaire en France ne voit plus son salaire augmenter. Elles complètent la baisse des subventions versées par l’Etat aux collectivités. Ce tour de vis supplémentaire ouvre la voie à de nouvelles économies. A qui le tour ?

J.B.


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