Edito

Au lieu du dialogue, un certain nombre de patrons cherchent l’épreuve de force...

J.B. / 17 mai 2013

Des travailleurs portuaires sont en grève pour empêcher le licenciement des Réunionnais. Ils dénoncent également les comptes opaques des entreprises de manutention. À Carrefour, des travailleurs sont dans leur 3e semaine de grève. Lundi, les jeunes iront à la Préfecture dire leur ras-le-bol du chômage. Dans 15 jours, si le gouvernement et les députés réunionnais ne font rien, 40.000 travailleurs vont perdre jusqu’à 100 euros mensuels. La situation sociale est donc très tendue. Une manifestation de grande ampleur n’est pas à exclure dans les jours qui viennent.

Il n’en fallait pas plus pour que certains organisent une manifestation pour soutenir l’intransigeance d’un noyau de patrons prêts à tout pour préserver leurs intérêts égoïstes. C’est une erreur de voler au secours des personnes qui n’ont aucune considération envers leurs collègues qui payent les conséquences de leur méthode. Face au pourrissement de la situation, les travailleurs qui grèvent savent qu’ils ne seront pas payés. Mais comme le patronat ne leur laisse aucun choix, ils sont acculés à faire grève, qui est le mode d’action ultime des travailleurs. Ces patrons d’un autre âge se moquent pas mal des travailleurs qui perdent plusieurs jours de salaire. Leurs revenus, eux, ne sont pas affectés. Si c’était le cas, ils feraient un effort.

La réplique est venue du Port avec un meeting quasi improvisé, organisé par le PCR. L’initiative était très attendue et applaudie. Le sénateur Paul Vergès a eu l’occasion de faire l’historique de l’évolution de la profession des travailleurs sur les quais, un secteur qu’il connaît bien. [1]. Ainsi, ceux qui ont voulu politiser un conflit social entre 2 partenaires assumeront leur responsabilité devant la tournure des évènements, créée par leur initiative inappropriée devant la Préfecture. Comment dans une période sociale aussi tendue où les Réunionnais sont indignés par le chômage et la déconsidération, peut-on admettre qu’un noyau de patrons intransigeants porte atteinte à la sécurité publique ?

À cause de cette attitude patronale, la situation générale a changé de braquet. Désormais, les dockers sont plus que jamais déterminés. Ils ont montré qu’ils maîtrisaient parfaitement la situation en permettant à certaines denrées périssables d’être débarquées. Comme quoi, il suffit de se parler et de dialoguer pour déboucher sur des solutions.

J.B.

[1Lire le reportage en pages suivantes article 66711


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