Edito

Au moins 84 morts à Nice, vers un état d’urgence permanent

J.B. / 15 juillet 2016

Le jour de la fête nationale en France a été endeuillé par un attentat. Le 14 juillet aux alentours de 23 heures, un camion a foncé dans une foule rassemblée sur la Promenade des Anglais à Nice. Transformée en espace piéton ce soir-là, l’esplanade la plus connue de Nice accueillait un feu d’artifices. C’est une nouvelle fois un lieu et une date symboliques qui ont été choisis pour commettre une attaque meurtrière.

Le 3 juillet dernier, un camion piégé conduit par un kamikaze a explosé dans un marché de Bagdad à la fin du mois du Ramadan. L’attentat avait fait près de 300 morts dans un lieu très fréquenté. La foule était en effet nombreuse pour préparer une des fêtes les plus importantes de l’année. Hier en France, c’est le jour de la Fête nationale, événement riche en commémorations, qui a vu ce pays subir sa seconde attaque la plus meurtrière en 8 mois. Une nouvelle fois, une ville française a connu les scènes de guerre qui se succèdent au Moyen-Orient depuis le déclenchement de la guerre contre l’Afghanistan par les États-Unis en 2001, et l’invasion de l’Irak par une coalition menée par Washington en 2003.

Cela fait 8 mois que la France vit sous le régime de l’état d’urgence. Il a été décrété au lendemain des attaques qui avaient fait près de 200 morts le 13 novembre dernier à Paris et à Saint-Denis. Malgré l’application de mesures restrictives sur le plan des libertés, et le renforcement des contrôles policiers et le déploiement de milliers de militaires dans les grandes villes, un nouvel attentat de grande ampleur a été perpétré. Prenant la parole dans la nuit, le président de la République a annoncé le prolongement de l’état d’urgence.

Il est clair que la guerre ne s’arrêtera pas du jour au lendemain au Moyen-Orient. Or, les armées des pays occidentaux, et notamment la France, sont impliquées dans des opérations qui vont de la Syrie à la Libye. Les guerres lancées par les gouvernements occidentaux dans ces pays ont profondément déstabilisé cette région. Les conséquences de ces conflits se font ressentir au cœur des grandes villes d’Europe occidentale. Compte-tenu du nombre très élevé de victimes ce 14 juillet à Nice, et de l’émotion que cela suscite, l’état d’urgence va encore être le quotidien pendant une longue période. Ce choix politique a des conséquences dans tous les domaines. C’est d’ailleurs ce qu’avait déjà indiqué François Hollande lors de son discours devant le Congrès des députés et des sénateurs au lendemain des attentats de Paris et de Saint-Denis. Cette situation va peser sur toutes les politiques publiques, et elle contribue à renforcer l’incertitude sur les moyens qui seront mis à disposition pour régler d’autres problèmes tout aussi urgents qui sont le chômage, le manque de logement et la pauvreté.

J.B.


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