Edito

Au premier et au second tour, battre les représentants de Sarkozy

Geoffroy Géraud-Legros / 8 mars 2011

Un an après l’arrivée des partisans de Nicolas Sarkozy au pouvoir, le doute n’est plus permis. Didier Robert et ses amis ont beau faire de la communication, acheter des pages dans les journaux, faire le siège des télés et des radios : les faits sont là. Chacun peut constater que la politique qu’ils mettent en œuvre est désastreuse pour l’économie, la société et la culture réunionnaises. Ils ont décidé que les Réunionnais n’auraient ni train, ni énergie solaire ; qu’ils n’auraient pas le droit d’utiliser leur volcan pour fabriquer de l’électricité. Que notre langue était « KK » ; que les Kafs sont agressifs et que les jeunes sont paresseux.

Ces messieurs et mesdames sont de plus des adversaires résolus de la construction de logements sociaux : Didier Robert lui-même, lorsqu’il était maire du Tampon — et il en est encore le premier adjoint — refusait d’ailleurs de bâtir le quota de logements sociaux prescrit par la loi, préférant faire payer l’amende aux contribuables tamponnais. Il agissait en cela comme un certain… Nicolas Sarkozy, grand adversaire du logement social lorsqu’il était maire de Neuilly.

La ressemblance ne s’arrête pas là : Didier Robert est, même s’il ne s’en vante pas vraiment, membre du Conseil national de l’UMP. Une institution qui, précise ses statuts, définit les orientations du parti présidentiel et les moyens de mise en œuvre de sa politique. Mieux : député UMP, Didier Robert a voté toutes les lois voulues par l’UMP, dont la loi sur les retraites et les mesures racistes contre les Roms. Didier Robert à la Région applique donc la politique de Nicolas Sarkozy.

Si les candidats qu’il soutient pour les Cantonales, qui ont été dûment approuvés par Paris, venaient à prendre la Direction du Conseil général, ils en feraient de même : et la politique de l’UMP, ce sont les dé-remboursements de médicaments, les coups d’arrêt donnés à la construction des logements sociaux, le « rabotage » de l’aide à la personne… en un mot, la « rigueur » imposée d’abord aux faibles et à ceux qui souffrent. De cela, les Réunionnais ne veulent pas ; les amis de Nicolas Sarkozy le savent, et c’est bien pour cette raison qu’ils tentent, au dernier instant, de se démarquer de l’Élysée.

En d’autres termes, ces gens qui prennent l’avion tous les quatre matins, pour aller siéger avec des membres du gouvernement dans les instances de l’UMP, ou pour voter les lois dictées par l’Élysée, prennent les électeurs pour des imbéciles. Mais à La Réunion comme dans le reste de la République, les citoyens en ont assez d’être pris pour des imbéciles par un pouvoir qui affiche aussi cyniquement sa préférence pour les riches et les puissants qu’il montre son mépris et son dédain des classes moyennes et des pauvres. Le sanctionner dès le premier tour, en votant pour les listes de progrès, et aux seconds tours, en apportant son suffrage aux candidats les mieux placés pour l’emporter, donnera un coup d’arrêt au rouleau compresseur sarkoziste… et ouvrira la voie au changement lors des élections de 2012.

G.G.-L.


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