Edito

Aucun secteur n’est épargné par la crise

J.B. / 28 décembre 2012

C’est une nouvelle illustration de la crise à La Réunion. Dans une interview donnée hier au "Journal de l’île de La Réunion", le président de la Chambre de commerce et d’industrie annonce que le chiffre d’affaires de petits commerçants a diminué de 30 à 40% pour les semaines de décembre avant les fêtes par rapport à la même période l’année précédente.

JPEG - 67.7 ko

La grande distribution ne profite pas de cette baisse, avec une chute comprise entre 15 et 20%, estime Ibrahim Patel. La seule bouée de sauvetage, c’est le prolongement de la prime COSPAR et du RSTA.

Depuis la casse des grands projets lancée par Didier Robert quand il était maire du Tampon, la crise s’est considérablement accélérée dans notre île. Alors que le BTP constituait un des moteurs de l’activité, il a été la principale victime des mesures prises par les conservateurs de droite et de gauche. 10.000 emplois ont été supprimés dans ce secteur qui a vu ses effectifs repasser en dessous de la barre des 18.000 travailleurs.

L’arrêt des grands chantiers a fait basculer l’économie dans le marasme. Parmi les entreprises qui ont survécu, la situation est loin d’être facile. Des patrons n’arrivent plus à verser l’intégralité des salaires des travailleurs, dont plusieurs milliers sont privés de revenus pendant les congés du bâtiment.

Un autre fait révélateur a été l’envoi de 10.000 lettres de rappel de cotisation à des patrons par la Sécurité sociale. Ces éléments témoignent d’une économie au bord de la rupture, avec l’incapacité à honorer sa participation à la solidarité dont on bénéficie.

La chute de l’activité dans le petit commerce est un élément qui le confirme. Car ce secteur est le dernier intermédiaire entre la production et le consommateur. Le président d’une Chambre de commerce et d’industrie rend même hommage à la lutte du PCR, des syndicats et de l’ARCP pour maintenir une prime salariale financée pour sa plus grande part par la puissance publique. Ces 40 millions sauvés par la lutte sont une aide bienvenue pour l’économie. C’est la seule bonne nouvelle pour 2013 qui s’annonce comme bien plus difficile que 2012. Aucun secteur n’est épargné par la crise.

J.B.


Kanalreunion.com