Edito

Avec Syriza, demain la Grèce laboratoire de l’alternative à l’ultralibéralisme en Europe ?

J.B. / 24 janvier 2015

Demain les Grecs vont renouveler leur Parlement. La coalition Syriza est donnée gagnante. Elle porte l’espoir du changement après plusieurs années de politique d’austérité lourdes de conséquences.

Depuis la brutale révélation de la réalité de la dette publique, la Grèce a vu la crise s’amplifier. En échange de prêts, le FMI, la Banque centrale européenne et la Commission européenne ont imposé l’application au gouvernement de plans d’ajustement structurels. Ces mesures ont été mises en œuvre dans plusieurs pays d’Afrique lors des décennies précédentes. Mais cette fois, cela s’est passé dans un pays d’Europe membre fondateur de l’OTAN. La population a payé le prix fort. Ce sont d’abord les chômeurs et les retraités qui ont vu leurs droits régresser. Puis des milliers de fonctionnaires ont été licenciés. La casse sociale s’est étendue au secteur privé. L’objectif de cette politique est l’alignement des salaires et des droits par le bas avec les pays les moins-disant sociaux de l’Union européenne. La Grèce est devenue le laboratoire de l’ultra-libéralisme en Europe.

Ces mesures ont eu des conséquences politiques. Les socialistes du PASOK ont lancé le premier plan d’austérité. Ils ont ensuite été laminés aux élections, passant de 160 députés en 2009 à 33 actuellement. Aux dernières européennes, l’ancien premier parti de Grèce a chuté à 8 %. Demain, il sera largement battu. Les conservateurs ont ensuite pris les rennes du pays pour appliquer la même politique. Ils ont dû recourir au soutien des socialistes pour constituer une majorité fragile, aux ordres des autorités européennes et du FMI.

Actuellement, deuxième force du Parlement, la coalition Syriza est la favorite du vote de demain. Elle compte remettre en cause la politique d’austérité, renégocier la dette laissée par les précédents gouvernements. Elle s’engage aussi à augmenter le pouvoir d’achat des plus bas revenus, en portant notamment le salaire minimum à 750 euros.
Si Syriza remporte le scrutin, ce sera donc une autre politique. La Grèce pourrait donc devenir le laboratoire de l’alternative à l’ultralibéralisme en Europe.


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