Edito

Ayons le courage et la lucidité de tourner la page d’une pratique qui a atteint ses limites

J.B. / 2 décembre 2011

Nous avons passé le cap des 150.000 chômeurs. La demande en emplois supplémentaires pour les 20 prochaines années s’élève à environ 150.000.
La question simple qui s’impose à tous les responsables politiques et autres décideurs réunionnais est : comment créer 300.000 emplois en 2 décennies, soit une durée couvrant 3 mandats de maires ? La réponse à cette question est insoluble sous l’actuel régime décisionnaire. N’attendons pas qu’il y ait des morts comme nous montre la télé, tous les jours, avant le constat définitif. Les manifs du LKP et du COSPAR ne suffisent-elles pas ?

Les Réunionnais entrent dans la période des fêtes de fin d’année. Traditionnellement, c’est aussi la saison des candidatures aux élections qui se tiennent généralement au mois de mars. Pour cette fois, nous aurons une présidentielle dans 6 mois, suivi des élections des députés. Les candidatures pleuvent déjà. Nous allons assister à un festival de mensonges.

Si on tient compte de la tendance et des dérives de ces derniers temps, des femmes et des hommes viendront vanter leurs mérites et capacités à pouvoir faire mieux que leurs vis-à-vis ou bien leurs voisins. La plupart se qualifient plutôt « d’adversaires ». C’est très commode : on évite ainsi de parler des vrais problèmes et des réponses qu’attendent les gens dans le besoin. Les médias seront là pour amplifier les illusions, car nous sommes dans le règne de l’imagerie. Il y a un refus de partager avec le peuple l’explication politique.

Pendant ce temps, les problèmes s’aggravent. Solidarité de classe oblige, les victimes sont totalement exclues des médias. Où sont les 150.000 chômeurs ? Où sont les 26.000 demandeurs de logement ? Les Réunionnais condamnés à vivre de minima sociaux existent, non ? Les patrons d’entreprises ruinés ont-ils disparu ? Les jeunes qui constituent 60% du chômage peuvent témoigner. Les 120.000 illettrés ne savent pas écrire, mais peuvent parler de leur souffrance. La solidarité de classe est telle que ces centaines de milliers de victimes créent dans les médias moins d’émotion que 2 requins qui s’approchent de la terre.

Ayons le courage et la lucidité de faire le constat d’un échec. Appelons à mettre fin aux souffrances d’une population victime. Sortons des pratiques qui montrent leurs limites. Ouvrons des perspectives pour une génération. Associons les victimes à la résolution de leurs problèmes. Tournons résolument la page d’un mode décisionnaire qui a échoué.

J.B.


Kanalreunion.com