Edito

Baisse des emplois aidés : « double peine pour les plus fragilisés »

J.B. / 25 août 2017

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« Une double peine pour les plus fragilisés », c’est ainsi que Jean Burneleau, président de CORAACE, fédération nationale de l’économie sociale et solidaire, qualifie la baisse du nombre d’emplois aidés financés par l’État dans les colonnes d’ « Alternatives économiques ». Il déclare notamment ceci :

« C’est une catastrophe économique. Dans les contrats aidés, ce n’est pas l’emploi qui est aidé, mais les structures. Elles ne vont donc plus pouvoir assumer leurs tâches, une partie de l’utilité sociale qui était la leur va disparaître. Nous avons déjà des adhérents qui estiment que leur structure risque d’être en péril économique. Il y en a une, par exemple, qui assure des livraisons de repas à domicile pour des gens qui ont du mal à se déplacer. Avec la suppression de son contrat aidé, elle se retrouve obligée de multiplier par deux son tarif horaire, et le client ne pourra pas suivre. Il n’est pas possible de redéfinir un modèle économique en quelques semaines, donc beaucoup suspendent leurs projets. Les structures, les municipalités, annulent leurs missions et les engagements qu’ils ont pris auprès des publics fragilisés. Elles avaient des projets, des budgets pour les prochains mois qui tenaient compte des contrats aidés. Cet arrêt et ce coup porté au dynamisme de ces structures vont coûter cher à l’économie française. (…) Depuis 2014, nous subissons une baisse de subvention dans l’économie sociale et solidaire. Le mode de calcul des subventions a été modifié ce qui a engendré leur diminution, les conditions d’accès aux contrats aidés ont également été renforcées ».

À La Réunion, la baisse du nombre des emplois aidés a entraîné le report de la rentrée. La mobilisation a permis d’obtenir un millier de contrats supplémentaires. Cela a permis d’ouvrir les écoles mardi dernier. Mais pour les associations, rien n’est réglé. Les craintes sont grandes de voir des structures en grande difficulté, faute de pouvoir embaucher des travailleurs en emplois aidés.

Les propos du président de la CORAACE rappellent que l’aide à la personne est un gisement d’emplois. Ces déclarations convergent avec celles du MEDEF. Des responsables de mouvements issus de diverses couches sociales arrivent donc à ce constat qui est celui du PCR depuis déjà de nombreuses années. La proposition du PCR est de pérenniser les emplois aidés en créant deux grands services dans l’environnement et l’aide à la personne afin de répondre à des besoins permanents. Plus que jamais, cette proposition doit être étudiée.

J.B.


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