Edito

Biens mal acquis ne prospèrent jamais

J.B. / 17 avril 2013

Les médias aiment bien les créatures qu’elles fabriquent. Ils ne lésinent jamais sur les occasions de les enjoliver et les parer de toutes les vertus. Ils vont ensuite leur donner une âme en cherchant ou inventant un contraire, obligatoirement situé aux antipodes de leurs œuvres. Puis un jour, patatras... les consommateurs découvrent un défaut de fabrication. Rien n’est pardonnable à l’ère du marketing politique.

Le cas d’Eric Fruteau. Il a eu tous les honneurs des médias. Il suffit de prendre une sélection de reportages et d’articles qui lui ont été consacrés. C’est lisse. Sans défaut. Le symbole : la jeunesse et la rébellion contre l’autorité de son parti, forcément présentée comme vieillissante, dépassée, pleine de défauts. Tout le travail collectif de 50 années de durs combats de plusieurs milliers de militants anonymes et désintéressés est gommé d’un trait. C’en est réduit à une histoire dont le point de départ est sa date de naissance.

L’opinion découvre aujourd’hui qu’il n’est pas si vertueux que ça. Somme toute, il s’est fait ramasser comme un bleu ! Au lieu d’assumer pleinement ses responsabilités et ses erreurs (de jeunesse ?), qui l’auraient glorifié, il s’en prend aux autres. Une fois de plus. Mais sérieusement, qu’est-ce que le PCR vient faire dans les bêtises qui le conduisent à faire la Une des médias ?... C’est le fameux instant où les consommateurs découvrent un défaut de fabrication. A l’ère médiatique, la chute est fatale, car l’opinion s’est instaurée comme juge populaire.

A cette étape, la question est de savoir si dans cette chute, il va entraîner la cordée. Il semble que oui. Huguette Bello qui l’a poussé à la rupture avec le PCR lui a confié le titre de vice-président de son parti, il y a 10 jours. Nous disons bien « confié », car chez Mme Bello, c’est elle qui décide de tout. Ce n’est pas par innocence qu’elle préside l’UFR depuis 35 ans ! A la direction de son parti, il y a elle et deux fidèles adjoints de Saint-Paul qui occupent les postes-clés. Dans cet organigramme étonnant, Eric Fruteau fait figure de pot de fleurs. Il n’a qu’une fonction symbolique.

Tout laisse à penser qu’elle connaissait la fragilité de l’individu. En 16 ans de mandat de députée, elle connaît bien les arcanes du système législatif et répressif. D’ailleurs, elle n’a publié qu’un simple communiqué, au contenu très soft pour une circonstance si grave. Il s’agit quand même du vice-président du parti qu’elle vient de fonder. Or, les médias savent combien elle peut être incisive quand elle le souhaite. Elle ne fait rien à moitié. Là, aucun média n’a signalé sa présence à Saint-André, pour soutenir son ami. Elle avait d’autres priorités, évidemment.

Il n’a suffi que d’une semaine pour constater le début de la dégringolade. Comme quoi, les vieux avaient raison quand ils disaient : « biens mal acquis ne prospèrent jamais ».

J.B.


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