Edito

Bon appétit, Messieurs…

Geoffroy Géraud-Legros / 24 septembre 2010

Partout en France et dans les Outremers, salariés des secteurs public et privé, hommes et femmes, jeunes et vieux, étudiants, fonctionnaires, travailleurs précaires, chômeurs s’emparent des rues pour dire "non" à un gouvernement déterminé à détruire les retraites, conquête sociale essentielle et fondement d’une société de solidarité entre les générations.
Comme s’ils étaient au dessus de ce peuple en marche, Nicolas Sarkozy et ses amis s’amusent, festoient et se montrent. Une ostentation que singent à merveille leurs amis de La Réunion, qui, la veille de la manifestation contre la réforme des retraites, donnaient une énième fête, cette fois-ci au pied de la tour Eiffel.

Qui se ressemble s’assemble : lors de ces mondanités, on pouvait voir Didier Robert, qui vient de voter la démolition des retraites au Parlement, au bras de l’ancien représentant de l’État à La Réunion, Pierre-Henry Maccioni, qui, à l’heure du COSPAR et du LKP, avait symbolisé un Outremer étranglé par les monopoles où, selon un rapport de l’Autorité de la concurrence, « les pétroliers fixent un prix et le préfet s’exécute ».
La coupe de champagne à la main et la bouche pleine de petits fours, tout ce beau monde en robe de cocktail et costume trois-pièces s’est engagé à « réduire le chômage » par le tourisme.

« Réduire le chômage » ? En 6 mois à peine à la tête de la Région, l’UMP a flanqué à la poubelle les grands chantiers de relance publique, détruisant plus de 6.000 emplois directs. Mais soyons juste : la direction de la Région ne ménage pas ses efforts pour « réduire le chômage » des petits copains, de la famille et des clients. Au musée de Stella Matutina, on vire l’anthropologue Joseph Payet au profit de Yannick Gironcel, adepte du tuning et inconnu au bataillon culturel. De son côté, Mme Farreyrol embauche sa nièce à l’IRT, où "travaille" aussi Monica Govindin, ancienne élue Alliance devenue sarkozyste par intérêt, désormais touriste dans un canton où elle ne met plus les pieds… mais qui continue de lui rapporter des indemnités.

Et comme les régimes politiques ont des promoteurs à leur image, les réjouissances de la bande à Robert ont été couvertes par Pierrot Dupuy, ex du minitel rose reconverti en journaliste officiel d’une Région dont les dirigeants, sarkozysme oblige, sont peu regardants envers le racisme, l’antisémitisme et les propos dégradants qui se déversent quotidiennement sur son site.
Bon appétit, messieurs — et mesdames. Continuez donc de vous enivrer d’un pouvoir que vous n’avez saisi que pour servir vos intérêts personnels et apaiser votre fringale de prébendes. Gavez-vous. Mais faites vite. Peut-être n’en avez-vous plus pour très longtemps.

G.G.-L.


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