Edito

Braconnage de roches : Lettre ouverte à M. le Procureur de la République et M.le Préfet,

Témoignages.re / 24 novembre 2014

Messieurs,

Vous avez été témoin, comme nous tous, de faits graves constitutifs de délits qui appellent à des mesures administratives et poursuites judiciaires. Dans le cas contraire, les Citoyens seront enclins à croire qu’il existe dans ce pays un traitement particulier, selon qu’on soient camionneurs et Président de Région, d’une part, chasseur de tangues, pêcheurs de lagon ou braconniers de palmistes, d’autre part.

En effet, des entrepreneurs peu scrupuleux de principes, des lois et règlements se sont permis de prélever des roches dans la nature et les vendre à prix d’or au Conseil Régional qui les a réceptionnées sur son chantier de la route en mer. Ceci n’est ni plus ni moins qu’un trafic de matériaux prohibés vendus à un receleur qui achète des matériaux illégaux et un service interdit. C’est avec de l’argent public, et qui doit donc être restitué.

Les délits étant constitués, les différents acteurs étant connus, personne ne conteste, il ne reste plus qu’au Préfet et au procureur de la République d’agir suivant le droit. Tout laxisme dans ce dossier serait un signal pour recommencer car ils s’estiment trop puissants pour être inquiétés. D’ailleurs, pris la main dans le sac, l’un des protagonistes s’est même permis de lancer des menaces en direction de la première magistrat de la commune, dans l’exercice de ses fonctions. L’individu n’est pas à ses premiers forfaits. Là, encore, il appartient au parquet d’engager les poursuites qui conviennent.

En 2008, le parquet n’a pas hésité à mettre des maires en examen, personnellement, pour des stations d’épuration non conforme aux directives européennes. Certains venaient tout juste d’être élus. En France, où des centaines de communes se trouvaient dans la même situation, aucun maire n’avait connu pareille sanction. Aujourd’hui, le Président du Conseil Régional se trouve dans une position de recel de biens acquis illégalement.

C’est pourquoi, nous disons que le Parquet et le Préfet ont le devoir de sanctionner tous les acteurs de la filière frauduleuse. Lors des dernières manifestations sociales, des dizaines de jeunes ont été jetés en prison et lourdement sanctionnés. L’autorité judiciaire avait montré une rapidité et une sévérité inhabituelles, souvent pour des pécadilles. Là, il s’agit des dizaines de millions d’euros qui sont en jeu.

Il vous appartient de montrer aux Citoyens qu’il existe une justice impartiale.


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