Edito

BTP et canne à sucre : économie réunionnaise en danger

J.B. / 2 février 2015

Vendredi dernier, la rencontre des professionnels du BTP avec les élus a montré que la crise est loin d’être finie à La Réunion. Depuis l’arrêt du chantier de la rocade Sud au Tampon en 2007, le secteur du BTP a perdu plus de 10.000 emplois. Si rien ne change, tout va s’accélérer cette année, avec 3.000 emplois menacés. Pour 2016 et 2017, les perspectives ne sont pas fameuses à en croire les architectes. D’ici 2 ans, le BTP pourrait bien être ruiné, qui pourra alors construire ce dont nous aurons besoin à La Réunion ? Faudra-t-il faire venir les travailleurs ?

2017 est une autre échéance pour un secteur économique stratégique : la canne à sucre. C’est en effet à cette date que le quota sucrier sera supprimé. La Réunion n’aura donc plus la certitude de vendre tout son sucre en Europe. Il faudra alors affronter la concurrence des producteurs de sucre de betterave, du sucre de Maurice, de l’Amérique latine. Maurice a déjà pris les devant. Deux signatures avec le français Cristal Union et le britannique British Sugar permettront à nos voisins de vendre 230.000 tonnes de sucre par an en Europe dès l’an prochain et après 2017.

Pour ces deux secteurs, c’est l’urgence déclarée. Et la revendication, c’est une intervention massive des pouvoirs publics. Le BTP demande 600 millions d’euros pour compenser la chute du chiffre d’affaires depuis 10 ans. La filière canne demande 38 millions d’euros par an à partir de 2017 pour compenser le coût de production plus élevé du sucre réunionnais.
Si ces deux secteurs s’écroulent, alors La Réunion ne produira plus que des services et le nombre de chômeurs sera supérieur à celui des travailleurs en emploi. Quel pays peut fonctionner dans ces conditions ?

L’urgence est déclarée, l’appel au rassemblement est lancé. Le défi est en effet tellement grand que ce n’est pas un parti ou un syndicat qui peut être le sauveur.


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