Edito

« C’est quoi un infléchissement ? Où est l’alternative ? »

J.B. / 9 septembre 2014

Ces questions ont été posées par le premier ministre Emmanuel Valls à destination de Martine Aubry qui avait souligné la nécessité d’infléchir la politique du gouvernement : réformer sans casser la croissance. Pour lui, il n’y a pas d’alternative à la politique menée actuellement, sous entendu celle qu’il a exposée au Medef. Ce à quoi, l’ancienne première secrétaire socialiste a répondu que certaines catégories d’entreprise sont réellement dans le besoin et doivent être aidées, mais pas les banques et celles qui préfèrent utiliser l’argent que leur a donné l’Etat pour distribuer aux actionnaires des dividendes plus importants.

La réaction de Valls ressemble à celle de Jospin quand il était premier ministre. A cette époque les fermetures d’entreprises succédaient à un rythme soutenu et les travailleurs résistaient dans des grèves de plus en plus dures. Interpelé pour orienter la situation en faveur des travailleurs, il a déclaré qu’il ne pouvait rien faire. Cela lui a coûté sa carrière.

« Où est l’alternative » peut aussi s’appliquer à la politique de la France au Moyen Orient. Hollande et Fabius étaient prêts à bombarder la Syrie. Ils en ont été dissuadés par une initiative de la Russie approuvée par les Etats Unis. Malgré ce dénouement inespéré, on apprendra par la suite que la France a livré des armes aux adversaires de Assad. Le président de la République n’a jamais eu le feu vert de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, on est surpris que le gouvernement aille mener une croisade contre l’Etat Islamique créé par les fondamentalistes qui étaient les alliés de la France et de l’Occident contre la Syrie. C’est la preuve qu’il y avait bien une alternative : combattre les sanguinaires et non pas les aider.


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