Edito

Ce que nous apprend encore le Sommet de la COI de Moroni

J.B. / 20 août 2015

Ce week-end, cela fera un an exactement que le président de la République française a séjourné à Moroni, capitale des Comores afin de participer au Sommet des Chefs d’Etat de la Commission de l’océan Indien (COI). Quand on se remémore les conditions de la tenue de cette rencontre, les dérapages anti-comoriens lors des JIOI apparaissent vraiment comme une provocation, au minimum un manque de savoir vivre et d’hospitalité.

Le Sommet était initialement prévu le 26 juillet 2014. Mais le 24 juillet, un crash d’un avion de la compagnie Air Algérie en Afrique de l’Ouest entraîna la perte de passagers français. Le président Hollande annula son déplacement pour pouvoir répondre dans l’urgence aux conséquences de l’accident. Informés, les autres partenaires décidèrent de reporter la séance et adressèrent à la France un message de solidarité. L’équipe de la COI a joué groupé. Pourtant, les préparatifs étaient déjà très engagés et les calendriers des participants bien remplis. Sur place, un mois après, François Hollande a exprimé ses remerciements.

La rencontre internationale s’est bien déroulée. Les Comores se sont montrées largement au-dessus des contingences immédiates. En atterrissant à Moroni, le Président Hollande savait pertinemment que le contentieux au sujet de Mayotte était encore vivace. La partie comorienne aurait même pu considérer la visite à Mayotte, la veille, comme une ultime provocation. Mais tout le sommet était régi par des règles protocolaires qui ont été respectées. Pour autant, les discours appelaient au dépassement de l’histoire et des propositions étaient formulées. Tout semblait progresser vers le meilleur.

Et puis, lors des Jeux des îles organisés à La Réunion, il y a eu l’ingérence des ministres français pour remettre en cause de manière unilatérale des règles collectivement reconnues par le CIJ (Comité international des Jeux). Un communiqué du Club Réunion a reconnu que des ordres sont venus d’en haut ! Il s’agit bien d’un particularisme de la culture française que Hollande a exalté dans son discours, en disant que nous avons également la francophonie en partage. Tout en soulignant sa fierté de voir le sommet se tenir en langue française, il fit un aparté sur les Français qui ne parlent pas leur langue. Devant ses homologues malgache, comorien, mauricien et seychellois qui n’utilisent pas le français quotidiennement, de telles déclarations relèvent de l’arrogance et du complexe de supériorité. Les JIOI ont souffert de cet aspect réactionnaire de la culture française.


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