Edito

« Chacun devant ses responsabilités »

LB / 22 décembre 2009

La fin du Sommet de Copenhague a confirmé ce que "Témoignages" annonçait dès vendredi dernier, le jour de clôture de la conférence mondiale sur le climat. À savoir, que quelles que soient « les avancées et les insuffisances » de cette rencontre, « à La Réunion et dans le monde, le combat de Copenhague va continuer » car le modèle de société imposé à l’humanité par l’oligarchie des plus riches ne tient plus.
Certes, cette grande leçon tirée de cet événement n’est pas une nouveauté, car il y a longtemps que des experts, des partis politiques et des organisations non-gouvernementales lancent des S.O.S. sur les effets tragiques du système socio-économique d’accumulation capitaliste. Cependant, là il est plus établi que jamais que ces effets ne seront plus seulement sociaux mais aussi — et de plus en plus — environnementaux, avec de plus en plus d’humains menacés de disparition.

Voilà pourquoi l’urgence et la priorité consistent à s’attaquer aux causes profondes de ces effets, à savoir les inégalités entre le Nord et le Sud mais aussi les inégalités croissantes au sein même des sociétés. D’où la nécessité d’un partage plus équitable des revenus au niveau mondial comme au niveau local.
Le journaliste Hervé Kempf, auteur de "Pour sauver la planète, sortez du capitalisme" (Seuil 2009) et de "Comment les riches détruisent la planète" (2007) souligne que « dans les conditions de production actuelles, la croissance est extrêmement destructrice de l’environnement ». Selon lui, « l’issue se joue dans le fait de retrouver une représentation de la société humaine moins individualiste, organisée selon des valeurs de bien commun, de coopération, et dans le respect des libertés ».

Par conséquent, comme le dit Paul Vergès dans son interview du 15 décembre à linfo.re, « la connaissance que nous avons du péril place aujourd’hui chacun devant ses responsabilités ». Et « cela s’applique aux décideurs de La Réunion ».
C’est pourquoi, « à chacun d’eux il faudra poser la question : qu’avez-vous fait concrètement pour que votre île s’inscrive en cohérence avec le monde nouveau qui se dessine ? » Et « qu’avez-vous laissé à votre pays pour qu’il soit placé dans les meilleures conditions pour affronter les mutations en cours ? ».

L. B.


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