Edito

Chacun est devant ses responsabilités

LB / 27 avril 2010

Mercredi dernier, "le Quotidien" a consacré sa "une" et un dossier de deux pages au fait que « la misère s’incruste » à La Réunion. Une réalité traduite notamment par un chiffre dans un rapport de l’Observatoire Régional de la Santé, selon lequel, à la fin 2008, La Réunion comptait près de 100.000 foyers — soit près de 4 sur 10 — obligés d’essayer de survivre avec le minimum social.
Derrière ce chiffre affreux, il y a des souffrances humaines encore plus terribles, vécues chaque jour par ces pesonnes et qui sont illustrées hier par un dossier de trois pages dans "le JIR". Notre confrère titre en "une" : « À La Réunion, aussi, on meurt dans la rue. De plus en plus de pauvres vivent dehors. Les associations recensent une centaire de décès depuis 2002 ».

Dans son éditorial, ce journal souligne que notre « société n’a jamais fabriqué autant d’exclus » et dans son dossier il donne largement la parole aux associations humanitaires qui viennent au secours des personnes sans emploi, sans domicile fixe, sans moyens de vivre décemment. Et Maryse Dache (notre photo) , présidente du Comité des Chômeurs et Mal Logés du Port, signale qu’il « devient difficile de satisfaire toutes les demandes de repas. Il n’y a pas que les sans-abri. On voit défiler de plus en plus des salariés qui n’arrivent pas à boucler les fins de mois ».
Toutes ces informations confortent les nombreux appels à la solidarité et « à la lutte au quotidien pour redonner de l’espoir aux plus pauvres » lancés depuis des mois par l’Alliance des Réunionnais Contre la Pauvreté. Et comme le dit souvent Jean-Hugues Ratenon, son porte-parole, s’il faut à tout prix renforcer l’aide d’urgence aux abandonnés, la charité ne suffit pas ; il faut également s’attaquer aux causes de leurs drames en luttant pour une politique juste, respectant les droits et la dignité de ces personnes.
D’où l’appel lancé également lundi dernier par Élie Hoarau et d’autres responsables du PCR face aux « graves inquiétudes » suscitées par la politique des pouvoirs dominants dans le monde, en Europe, en France et à La Réunion. Après ces appels au « sursaut réunionnais », chacun est devant ses responsabilités.

L. B.


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