Edito

Chikungunya : après La Réunion et les Antilles, au tour de la France

J.B. / 12 juillet 2014

Depuis le début de l’année, une épidémie de chikungunya touche les Antilles. Le premier pic a été atteint dans la petite île de Saint-Martin avec plusieurs milliers de cas et des décès. C’est ensuite en Martinique que le chikungunya s’est installé, puis c’est en Guadeloupe que l’épidémie a flambé.
Au total, plus de 100.000 personnes ont été atteintes, et 33 personnes ont perdu la vie. Le nombre des personnes contaminées représente moins de la moitié des Réunionnais touchés en 2006, et la période la plus favorable pour les moustiques est encore loin d’être finie. La semaine prochaine, la ministre de la Santé sera sur place.

Entre 2006 et 2014, une différence importante : la France peut aussi être touchée par une épidémie de chikungunya. A la faveur du changement climatique, le moustique vecteur de la maladie s’est installé dans le Sud de la France, il commence à proliférer. En plus, c’est l’été boréal, donc la saison des moustiques aux antipodes.
Depuis le 1er mai, 137 cas de chikungunya ont été confirmés en France dans les zones du moustique. Pour le moment, ce sont des touristes de retour des Antilles. Mais il suffit qu’un voyageur ramenant le virus du chikungunya en France se fasse piquer par un aèdes albopictus, et que le même insecte pique une autre personne pour que l’épidémie s’étende à la France. C’est de cette façon que le chikungunya est arrivé à La Réunion, à Saint-Martin, à la Martinique et en Guadeloupe.

Spécialiste reconnu, le Dr. Flahault est catégorique : « dans le sud de la France, il serait tout à fait possible qu’en plein été il puisse y avoir un foyer épidémique de chikungunya qui se déclare un jour. Ce n’est pas quelques chose d’impossible. Car en métropole, le moustique est présent, voir très très présent comme dans la région PACA ou en Corse. Il est même en train de remonter, et on en aura très certainement à Paris bientôt. Pendant la période de vacances où les gens sont beaucoup dehors il peut donc y avoir une épidémie. Ce facteur, plus le fait que beaucoup de voyageurs reviennent infectés des Antilles, accroît la menace d’une épidémie en métropole ». Le Dr. Flahault précise qu’en 1920, une épidémie de dengue avait touché un million de personnes en Grèce.
On imagine la catastrophe si une tuile pareille tombait sur la France en pleine période de vacances d’été…

Voilà pourquoi la visite de Marisol Touraine prend une dimension particulière, elle sera là pour constater comment l’épidémie de chikungunya est traitée et quelles leçons en tirer pour la France. Car avec la mondialisation des échanges et le réchauffement climatique, la France peut aujourd’hui être elle aussi submergée par le chikungunya.

J.B.


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