Edito

Chikungunya : Au bord de la catastrophe sanitaire, économique et environnementale

Témoignages.re / 20 janvier 2014

Pendant que nous subissons la chaleur, l’hémisphère Nord est en hiver. Cela signifie pour eux que c’est le moment de l’année où les températures sont les plus froides. C’est aussi la période la moins favorable aux moustiques. Et aux Antilles, le chikungunya commence à faire des dégâts, avec une personne décédée.

En 2005, La Réunion était dans cette situation. Au cœur de l’hiver, la menace était là. Seul le Parti communiste réunionnais mobilisait pour que les autorités disent toute la vérité sur l’état de l’épidémie, et prennent les mesures nécessaires pour empêcher les moustiques porteurs du chikungunya de se développer. Car même si le paludisme avait été éradiqué, la situation géographique de La Réunion n’a pas changé, c’est une île tropicale, susceptible d’être touchée par un virus transmis par les moustiques.

Mais la réponse des autorités n’a pas été à la hauteur. Entre retard à l’allumage et opacité, l’épidémie a eu le temps de s’installer. Quand l’été est arrivé, c’était al catastrophe. C’est alors que la tactique habituelle est apparue : faire venir des spécialistes et des renforts d’un autre hémisphère, et ne pas écouter les Réunionnais. Des produits toxiques ont alors été déversés sur les Réunionnais.
Le PCR continuait de mener le combat et sa sénatrice, Gélita Hoarau, réussit à alerter l’opinion en France sur l’ampleur de la catastrophe et des erreurs commises. 250.000 personnes contaminées, des centaines de morts, une économie au ralenti et une catastrophe environnementale.
Au lieu des produits chimiques préconisés par un spécialiste venu des Antilles, le PCR proposait l’utilisation de produits biologiques comme le Bti. La commune du Port s’est élevée contre la méthode imposée par les autorités, et elle a mis en avant l’implication de la population pour gagner le combat contre l’épidémie. Au plus fort de la crise, le Premier ministre s’est déplacé en personne. C’est là que Paul Vergès lui a présenté le projet de Centre hospitalier universitaire.

Les autorités ont-elles tiré des leçons de la crise subie par La Réunion. Lorsque l’on constate que l’épidémie n’est pas officiellement déclarée aux Antilles, et quand on voit que le premier décès est présenté comme causé indirectement par le chikungunya, il y a de quoi se poser s’inquiéter. Avant l’arrivée de l’été septentrional, il reste peu de temps pour agir. Les Antilles sont Au bord de la catastrophe sanitaire, économique et environnementale.

J.B.


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