Edito

Chômage, pauvreté, inondation... et après ?

Témoignages.re / 2 février 2013

La semaine écoulée a été marquée par 3 évènements qui appellent l’urgence d’une nouvelle politique : le chômage, la pauvreté et l’inondation. L’immobilisme du pouvoir est dangereux.

Tout d’abord, il y a eu l’annonce des 10.000 chômeurs supplémentaires en 2012. Un véritable drame pour les intéressés, mais une information banalisée par les élus qui ont la charge de régler cette catastrophe sociale. La seule réponse du gouvernement semble être des contrats de 3 ans pour 5.000 personnes. Et, après ? Quid les autres ? Les autres, c’est 160.000. Le sénateur Paul Vergès a relayé auprès du gouvernement et de ses collègues du Sénat la dégradation accélérée de la situation sociale. Il a appelé à sortir de l’immobilisme ambiant. Enfin, au-delà des réactions du PCR et de “Témoignages”, il est bon de noter le papier de Séverine Dargent du “JIR” qui, dans l’édition de lundi a titré : « la maison brûle et nous regardons ailleurs... ».

Le titre est emprunté du discours de Jacques Chirac, à Johannesburg, en Afrique du Sud, lors du 4e Sommet de la Terre, le 2 septembre 2002, qui appelait à une prise de conscience collective de la dégradation de notre planète. La journaliste éco du “JIR” fait la démonstration que l’effet ciseaux — emploi-démographie — ne laisse aucun échappatoire aux décideurs. Elle souligne la nécessité d’un changement structurel de fond et s’interroge : « comment changer notre modèle économique pour relancer rapidement, massivement, et durablement la création d’emplois marchands pérennes, seule susceptible de présenter de réelles perspectives d’avenir pour nos jeunes ? » . C’est LA question essentielle. Elle est inséparable des 2 autres thèmes cités.

En effet, ce problème de fond n’est pas encore réglé qu’on apprend que l’Europe a décidé de priver les plus démunis d’une aide alimentaire. Les associations sont très inquiètes et leurs directions ont rencontré le député au Parlement européen, Younous Omarjee, qui doit remettre un rapport sur le sujet. À croire que dans les hautes sphères européennes, certains ne mesurent vraiment pas les conséquences de leurs décisions bureaucratiques.

Enfin, des pluies diluviennes se sont abattues sur les Seychelles, le Mozambique et Madagascar causant beaucoup de dégâts. Aux Seychelles, les autorités ont été contraintes de décréter l’état d’urgence tout en lançant un appel à l’aide internationale. À La Réunion, la houle a fait fort dans le Nord et l’Ouest et les 2 radiers sur la rivière Saint-Étienne ont été à nouveau emportés. Avec le réchauffement de la terre, c’est la pluie qui prend plus d’importance par rapport au vent. La preuve : le cyclone est passé à plus de 300 Km mais les dégâts des eaux sont très importants.

Ainsi, la semaine écoulée a révélé l’ampleur du désastre socio-économique et l’absence de perspectives. Les élus ne peuvent plus s’échapper. En plein désastre, les maires préparent leurs budgets primitifs qui doivent être votés avant fin mars. Vont-ils prendre la mesure des drames dans leur commune et élaborer un budget de crise ?

J.B.


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