Edito

Christine Lagarde joue contre Sarkozy

J.B. / 8 septembre 2011

Christine Lagarde était ministre de l’Économie de Sarkozy. A cette fonction, elle a mis en place le plan d’austérité qui s’étale sur 3 ans : 2010 à 2013. Elle est sous le coup d’une plainte pour avoir soldé à coups de millions le dossier de Bernard Tapie. A cette époque, les ministres contestaient l’utilisation du mot « austérité ». Pour eux, la France, 4ème puissance économique mondiale, ne pouvait pas tomber sous le coup de « l’austérité » ! C’était la honte pour les dirigeants politiques de l’UMP accusés de mauvaise gouvernance. Ils ont fini par accepter la réalité et en profitent pour détruire les bases de la cohésion sociale.

A la faveur des déboires de DSK, elle devient Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). La semaine dernière, elle a exhorté les gouvernements à lancer des « plans de relance » afin de réanimer l’économie moribonde dans les pays riches. La croissance n’est pas au rendez-vous.

Avec quels moyens financiers ?

Ses amis ont décidé de réaliser 100 milliards d’économie constitués essentiellement de réductions des dépenses publiques, de gels des dotations aux Collectivités, de reports d’investissements. Ils escomptaient que l’économie allait repartir et que la croissance allait rapporter de nouvelles recettes. Rien de tout cela, le déficit public s’est aggravé. C’est l’échec du plan dès sa première année d’application.

Il faut trouver 15 milliards supplémentaires.

Nos ministres organisent le « rabotage des niches fiscales », sortes d’avantages tout à fait réguliers qui sont accordés aux entreprises pour les encourager à investir et créer des emplois. L’opération est montée à grand renfort de com’ où les bénéficiaires sont présentés comme des boucs émissaires, voire des charlatans. Le ministre du Logement, Apparu, dira même que « derrière chaque niche, il y a un gros chien » ! A l’arrogance, on ajoute le mépris. Pendant ce temps, ils protègent les riches. Mal à l’aise, on a même vu des « hypers riches » déclarer publiquement qu’ils veulent contribuer plus aux efforts de redressement. Ils ont peur qu’à force de vider les poches des pauvres et des gens de la couche moyenne, cela porte atteinte au pouvoir d’achat des ménages. Et, si la consommation ne repart pas, la croissance est foutue.

Christine Lagarde connaît ce contexte et appelle à la relance.

C’est une orientation totalement contraire à celle du pouvoir. Voilà un argument supplémentaire pour ceux qui veulent résister à la mauvaise politique actuelle. Dire qu’à La Réunion, nous disposions d’un plan de relance de 3 milliards pour des grands projets ! Début 2010, Patrick Devedgian était encore « ministre de la Relance ». Quand Thien Ah Koon dit à Didier Robert que la suppression des grands projets, comme le tram-train, s’apparente à un acte criminel, il a mille fois raison.

J. B.


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