Edito

CHU-Réunion : comment reconstruire un outil au service de plus de 40 millions d’habitants ?

J.B. / 28 février 2017

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Aujourd’hui commence une grève au Centre hospitalier universitaire de La Réunion. C’est la conséquence d’une gestion fustigée par un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales. À la différence du CHU des Antilles, le CHU de La Réunion n’a pas bénéficié d’un même niveau de subvention de la part de l’État. À cela s’ajoute une politique financière qui a créé un déficit. L’IGAS préconise des mesures drastiques pour retrouver l’équilibre. Cela passe par près de 250 licenciements, ramenés à 190 par la direction. Les salariés refusent d’être les victimes de cette politique. Ils sont donc en grève à partir d’aujourd’hui.

Voir un outil aussi important que le CHU dans une telle situation ne peut qu’interpeller, car les conséquences dépassent largement La Réunion. Voici plus de 10 ans, en pleine crise du chikungunya, Paul Vergès alors président de la Région Réunion, avait défendu auprès du gouvernement la création d’un CHU dans notre île. À ceux qui s’interrogeaient sur l’utilité d’un tel équipement pour un département de 800.000 habitants, Paul Vergès a appelé les décideurs à élargir leur vision. Etant donné la situation actuelle dans notre région, ce CHU serait amené à rayonner dans le Sud-Ouest de l’océan Indien. Dans ce cas, l’échelle change et c’est un bassin de population de plus de 40 millions de personnes qui est concerné par cet équipement. C’est cette vision présentée par un responsable politique réunionnais qui a triomphé, ce qui a permis l’ouverture à La Réunion d’un centre hospitalier universitaire.

Cette création s’inscrivait dans un projet de co-développement régional. À cet instant, La Réunion bénéficiait d’une avance en termes d’équipement de santé par rapport aux autres pays de la région. La contribution de La Réunion dans ce domaine aurait donc dû permettre l’émergence d’un gisement d’emplois en faisant de notre île le point d’appui pour la diffusion de la connaissance dans ce domaine. La présence d’un CHU dans le Sud-Ouest de l’océan Indien permettait en effet à 40 millions de personnes de bénéficier d’une offre de soins et de formations comparable aux normes européennes en la matière.

On ne peut donc que déplorer l’évolution de la situation de cet équipement de premier ordre. Nous sommes loin du gisement d’emplois espéré. Plus grave, des licenciements sont annoncés. Cela souligne malheureusement un manque de vision stratégique des responsables politiques impliqués dans le CHU. D’où cette question : comment reconstruire ?



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  • L’Examen Classant National "i" s’est termine cette année (dans la douleur ) pour les 9000 étudiants , fin juin en France.
    Nous souhaitons la bienvenue aux futurs internes DESARC - MIR qui choisiront d’apprendre ici dans les structures hospitaliéres de notre CHU Reunion
    Celui ci agé de 5 ans après une très longue gestation de prés de vingt ans est actuellement encore un peu fragile car bipolaire "nord -sud" et prochainement il deviendra plus stable et "magnétique" car reposant sur 4 assises par l’inclusion des hopitaux de l’est et de l’ouest ,le tout au sein d’un même Pole universitaire, un PARC que nous souhaitons attractif et donc d’attraction ;-)
    Vous découvrirez notre délicat et intéressant métier , qu’est l’Anesthesie Reanimation Chirurgicale pour obtenir votre diplôme DESARC et aussi la Reanimation Medicale pour obtenir votre diplôme DESMIR .
    Notez que vos stages ne seront validés que si vous avez aussi fait de la plongée , du parapente, du canyoning , de la randonnée bivouac dans les cirques, (le surf avec les requins est en option ) : notre métier est aussi un sport à risque que vous devez aussi maitriser. https://www.slideshare.net/claudegindrey/projet-pole-arc-chu-attractif-2018

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