Edito

Combat exemplaire des Mahorais : il faut accentuer la pression

Témoignages.re / 17 octobre 2011

Il a fallu 18 jours de manifestations à Mayotte pour que Sarkozy consente à envoyer Mme Penchard « en urgence ». Pourtant, il y a un vol chaque jour vers ce territoire. Pourquoi cette tétanie parisienne devant le caractère d’urgence de la situation ?

En réalité, le gouvernement est au courant de l’actualité brûlante, depuis les premiers jours. Il a joué sur l’essoufflement du mouvement. Il a pensé que « la faim va les obliger d’arrêter ». Et, pour sécuriser les profiteurs, il a fait appel aux forces policières. Enfin, le préfet organise un semblant de dialogue.

Erreur sur toute la ligne. Le mouvement s’amplifie et les animateurs apprennent à s’organiser. Si au départ, la revendication portait sur la vie chère, les manifestants comprennent vite que le problème est politique. Mayotte est devenue le 101e Département français en avril 2011. Depuis 5 mois, la population ne voit pas le changement promis.

En clair, où est l’Égalité ? Ni dans les prix ! Ni dans les revenus ! Ni dans l’emploi ! Ce mot d’ordre d’Égalité est renforcé par l’expérience pratique acquise à La Réunion. 60.000 Mahorais vivent à La Réunion et ils ont participé aux différents mouvements de lutte pour l’Égalité sociale, contre la vie chère et pour l’emploi. Les comparaisons sont faciles à faire entre la situation à La Réunion et à Mayotte, d’une part, et entre nos îles et en France. Le gouvernement aurait tort de miser sur l’ignorance et sur le pourrissement du malaise.

Au Parlement européen, le député Élie Hoarau a sensibilisé les autorités compétentes. Il était accompagné du vice-président du Conseil général de Mayotte chargé des affaires européennes. Peine perdue pour le gouvernement qui voulait étouffer l’affaire. En France, les médias ont commencé à en parler. Même si aux yeux des médias parisiens, un enfant Mahorais qui perd un œil, victime du tir d’un gendarme envoyé par le gouvernement, a moins d’importance que les yeux du prochain gosse de Mme Carla-Sarkozy.

Sarkozy s’indigne des victimes des manifestations dans les autres pays mais, là, pas un mot de compassion ! Mme Penchard, l’envoyée de Sarkozy, est venue et elle est repartie. Elle a laissé l’exaspération. Les problèmes des Mahorais sont toujours là. Y a-t-il d’autres solutions que d’accentuer la pression ?

J.B.



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Messages






  • cette situation est inacceptable . Sommes nous en France sans commerces sans nourriture il faut que cela cesse pour la santé de tous. Un compromis doit être trouvé d’urgence sinon avec la faim viendra la colère . Qui va maitriser enfin ce conflit ? Qui fera les frais de tout cela ? Il faut se rendre compte que ce sera bientôt trop tard pour régler ce problème avec calme. Il y a URGENCE.Prenez-en conscience Mrs et Mmes les dirigeants de France

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